HOMÉLIE
de
Serge Charbonneau 2012
15 JANVIER - 22
JANVIER - 29 JANVIER
PARLER AVEC L'AUTORITÉ DU COEUR Texte du dimanche 29 janvier 2012 Une expression de l'Évangile m'a beaucoup touché : « Il enseignait en
homme qui a autorité et non pas comme les scribes ». Pourtant les scribes, ce
sont des gens qui faisaient aussi autorité : ils connaissaient fort bien les
Écritures mais la foule semblait remarquer autre chose dans l'« autorité » de
Jésus. À ce propos, deux choses me sont venues à l'esprit : ce que dit Jésus
s'appuie davantage sur son lien profond avec Dieu alors que les scribes semblent
plus des gens de « la loi, c'est la loi » (pensons à la réflexion de Jésus sur
le sabbat) et il parle avec tout son cour. Ça paraît quand quelqu'un nous dit
quelque chose avec tout son cour ! Une autre personne nous dirait la même chose
et on s'aperçoit que c'est pour la forme, par politesse. Au fond, l'enseignement de Jésus fait autorité parce que lui-même est
personnellement et totalement impliqué dans ce qu'il dit. Il savait se faire
proche de ce que vivent les gens, pour guérir leurs blessures intérieures et
extérieures et leur redonner leur dignité, pour chasser les démons qui les
habitaient et leur rendre ainsi la paix intérieure. Mais sa parole dérangeait parfois, remettait en question des habitudes,
des certitudes (par exemple, ses propos sur le pardon, la réponse à propos de
l'origine de la cécité de l'aveugle-né, ses propos sur le Pain de Vie qui ont
provoqué le départ de plusieurs de ses disciples). En effet, si son enseignement
plongeait une partie de son auditoire dans l'émerveillement, une partie de ce
même auditoire est heurtée par ses paroles. Quand nous avons été baptisés, nous avons été, pour ainsi dire, plongés
en Jésus pour le laisser nous conduire, nous éclairer afin que notre parole
fasse, comme Lui, autorité. Dans le contexte actuel, avoir une Parole qui fait
autorité, ce n'est pas tant alors chercher à être convaincants, mais à être
convaincus. Il est essentiel que cela paraisse que notre Parole s'inspire de
celle de Jésus qui lui était en communion profonde avec le Père. Il importe que
ce que l'on dise vienne du cour et ne soit jamais pour Une personne passionnée, c'est quelqu'un d'ardent, c'est-à-dire une
personne qui parle à partir de l'endroit d'elle-même où elle est le plus
elle-même; c'est quelqu'un qui voit grand; cela ne veut pas dire d'avoir des
projets éclatants mais qui invite au dépassement dans certaines réalités de la
vie; c'est quelqu'un qui n'a pas honte de témoigner de qui le fait vivre même si
cela peut susciter de l'opposition, du mépris ou de la gêne de la part d'autres
personnes, comme Jésus l'a vécu d'ailleurs; c'est quelqu'un qui est ouvert et
accueillant par rapport à autrui, qui croit que les gens sont encore capables de
choses formidables; j'ai déjà lu que: « Autrui est un souffleur; il nous
suggère, nous souffle mille manières de vivre bien mais autrement, de tracer de
nouveaux chemins porteurs de vie ». Soit dit en passant, je trouve vraiment heurtant les propos de ces
personnes qui voudraient que les immigrés s'insèrent tellement dans notre
culture que la leur disparaisse à toute fin pratique: « Ils sont chez nous; et
puis si on était chez eux, je vous dis qu'il faudrait s'intégrer...! » Je veux
bien que les nouveaux arrivants s'intègrent de mieux en mieux chez nous mais
nous n'aurions rien à recevoir d'eux ? De toute façon, j'ai déjà entendu qu'on
pouvait sortir quelqu'un de Pour rendre tout cela plus concret, il est nécessaire de trouver des
mots qui libèrent les cours, des mots qui fortifient, des mots qui permettent de
surmonter les peurs et les angoisses; des mots qui aussi, dans certaines
circonstances, interpellent, bousculent pour le mieux. En résumé, des mots qui
offrent la vie et qui invitent à vivre mieux dans tout son être.
Pour y arriver, il est essentiel de laisser sans cesse Louons le Seigneur de nous confier une telle mission dans ce monde dans
lequel tant de gens sont en recherche intérieure. Demeurons convaincus de la
bonté et de la beauté de ce que Jésus nous dit pour vivre avec qualité et
laissons-le faire germer ce que nous aurons semé par notre parole proclamée avec
autorité, avec passion. Serge Charbonneau, ptre (d'après diverses sources) _______________________________________________ Texte du dimanche 22 janvier 2012 TÉMOIGNER DE Nous retrouvons, dans l'Évangile d'aujourd'hui, deux lieux très
importants du ministère de Jésus : Dans ce contexte, Jésus proclame que le règne de Dieu est tout proche.
Une manière pour lui de dire: « Le temps est venu où le monde de Dieu se fait
sentir, où le grand projet d'amour et de paix que fait Dieu sur sa création se
réalisera pleinement: alors, changez votre attitude et faites confiance à
l'Évangile », dit Jésus. Bien sûr qu'il y a eu du chemin de fait depuis l'époque de Jésus, mais
le projet d'amour et de paix de Dieu demeure bien à l'ordre du jour, n'est-ce
pas ? Et changer certaines de nos attitudes, faire confiance encore plus à
l'Évangile restent des appels qui conservent toute leur importance pour
nous. Changer nos attitudes, c'est, selon l'expression de Jésus, se convertir.
Le sens du verbe « se convertir » en hébreu est: faire demi-tour. En quoi
consiste ce « demi-tour » ? Il s'agit d'opter résolument pour Dieu, de vivre
dans le monde présent à la manière du Christ. Et à ce propos qui peut dire en
vérité qu'il n'y a pas de problème et que « tout va très bien, madame la
marquise ! » ? La conversion demandée par Jésus ne consiste pas d'abord en
ouvres de pénitence, mais doit se rendre visible dans l'énergie que nous mettons
à mieux suivre Jésus. Quelles peuvent être les conséquences de cette conversion
à renouveler régulièrement ? Je désire faire état des pistes suivantes : elle questionne le sens que
nous donnons à notre vie et les valeurs que nous faisons nôtres, ce qui devrait
nous permettre d'être de plus en plus en plénitude l'être unique que nous
sommes ; elle nous rappelle que nous avons toujours à dépasser notre penchant
pour la possession: possession d'objets, de richesses, de statut social,
possession également des autres à travers diverses formes de manipulations
subtiles; elle nous amène à faire un examen de conscience sur la manière dont
nous réagissons aux événements qui nous affectent; elle nous invite à nous poser
des questions comme celles-ci : qu'est-ce qui unifie notre vie et lui donne une
direction ? Dans ce qui fait la trame de notre vie, qu'est-ce que nous jugeons
comme plus important ? Quelles sont nos priorités ? Qu'est-ce qui habite nos
désirs et nos rêves ? Faire confiance encore plus à Pour nous soutenir à emprunter ces chemins dont je viens de faire écho,
Jésus nous invite à continuer de le suivre, d'être derrière lui. Il se propose
non seulement comme le maître qui enseigne le droit chemin, mais comme le
compagnon de vie qui donne la force de vivre selon l'Évangile. C'est ainsi que
nous pouvons nous risquer encore dans ce monde, en toute confiance, avec courage
et détermination. Pour y arriver avec de plus en plus de qualité, il importe de nous
rappeler que nous avons besoin les uns des autres pour, entre autres, nous
encourager dans nos moments difficiles et d'une vie spirituelle de mieux en
mieux nourrie. Que notre célébration d'aujourd'hui y contribuer en
abondance ! Serge Charbonneau, ptre. (d'après diverses sources). _______________________________________________ Texte du dimanche 15 janvier 2012 CHERCHER,
VENIR, VOIR,
DEMEURER Nous retrouvons dans cet extrait de l'évangile de Jean (1:35-42) les quatre verbes-clés qui désignent la relation avec Jésus et représentent donc le vrai disciple. CHERCHER: Une grande question fondamentale qu'on se pose souvent à propos de nombreuses situations de vie. En posant la question à Jean et André : « Que cherchez-vous ? », Jésus invite ces hommes à prendre conscience et à nommer leur désir. C'est la même chose pour nous. Sa seule présence dans notre vie doit nous amener à nous interroger sans cesse sur l'orientation profonde de notre vie ici et maintenant et nous remet devant notre responsabilité de lui donner un sens. Où allons-nous avec notre façon de vivre ? Il pourrait aussi nous demander : « Qu'attendez-vous de moi ? » Pourquoi me cherchez-vous ? Au fond, qui cherchez-vous en gardant le contact avec moi ? Qui cherchez-vous dans votre prière, dans votre eucharistie, dans vos dévotions ? DEMEURER: « Où demeures-tu ? », cela ne veut pas dire seulement « Où fais-tu école ? », mais « Toi qui est l'Agneau de Dieu, fais-nous voir quelle est ta relation avec Dieu, et donne-nous de demeurer comme toi dans l'intimité de Dieu ». Cela signifie, entre autres, d'entrer sans cesse dans le nouvel ordre de relations qu'il crée, un ordre fait de gratuité, de considération mutuelle, de communion, d'être convaincu que tout ce qui est humain peut devenir divin. Cela signifie également aimer à la manière de Dieu, c'est-à-dire avec une bonté généreuse, sans exclusion, sans condition, sans calcul. En lien avec le fait de vouloir « demeurer » avec Jésus, j'ai lu les deux réflexions suivantes : « On n'utilise pas Jésus Christ, comme Dieu d'ailleurs. Jésus n'est pas utile ». « Jésus, ça sert à quoi ? Il faut aimer Jésus Christ pour lui-même, pour rien, comme on aime, quoi ! ». Si les premiers appelés « demeurèrent près de lui », c'est en l'accompagnant sur le chemin qui les a conduit d'expériences en expériences. Cela leur a permis de vivre une plus grande intimité avec le Seigneur. Cela devrait être aussi notre cas alors que, cette fois, Jésus nous a accompagnés sur le chemin de nos expériences. VENIR ET VOIR: La réponse ne précise ni ne prescrit le comment faire. Jésus invite simplement à une démarche d'abandon confiant, à une réponse de foi qui consiste à se confier totalement à lui. « Venez », cela veut dire tout à la fois partir, quitter, donc laisser du connu pour se mettre en route, aller devant. C'est un pari vers l'inconnu. La rencontre de Jésus requiert un déplacement pour aller là où Jésus demeure et rester auprès de lui. Jésus offre de prendre un contact personnel avec lui, de converser avec lui, de le connaître de plus en plus intimement, en vue de pouvoir mieux adhérer à lui. Le « voir » n'est pas avant le « venir ». Ce n'est pas « je verrai » et « je viendrai »; c'est « venez et vous verrez ». Il faut d'abord quitter pour voir. « Voir » et non « savoir ». Ce n'est pas « venez et apprenez », « venez et je vous enseignerai », « venez et vous saurez », mais « Venez et vous verrez ». Ce n'est donc pas « je croirai quand je comprendrai » comme on l'entend souvent. Tout est dans l'ordre du cour. Jésus invite à un « voir » en profondeur ; pour y arriver, il faut sans cesse veiller à se laver les yeux du cour. Chercher, demeurer, voir et venir ne sont pas des réalités statiques. Notre vie évolue : on change jour après jour. On s'en aperçoit quand on jette un regard en profondeur sur ce qu'on a vécu durant quelques semaines ou quelques mois. Il importe donc de se donner des occasions pour se demander ce qu'on cherche actuellement afin de demeurer davantage dans l'intimité du Seigneur. Venir, à savoir qu'est-ce que nous avons à « quitter » pour encore aller devant, cela afin de mieux voir: se voir, voir les autres, voir ce monde, voir Dieu dans ce monde. En conséquence de ce que je viens de vous partager, en lien avec Samuel qui, dans toute son innocence, a répondu au premier appel du Seigneur : « Me voici ! », disons-lui, à notre tour, à cette étape de notre vie : « Me voici ! ». Serge Charbonneau, ptre. (d'après diverses sources). |
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