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ACADÉMIE
PONTIFICALE POUR LA VIE
Le respect de la dignité de la
personne mourante, Considérations éthiques sur
l'euthanasie (9
décembre 2000)
_ C'est en
déclarant que la douleur peut être soignée (au sens médical) et en proposant,
comme engagement de solidarité, d'assister le malade souffrant, que l'on peut
affirmer le véritable humanisme: la douleur humaine a besoin d'amour et de
partage solidaire, et non de la violence hâtive de la mort anticipée.
_ D'autre part,
ce qu'on appelle principe d'autonomie par lequel on veut parfois exacerber le
concept de liberté individuelle, en le poussant au-delà de ses limites
rationnelles, ne peut certainement pas justifier la suppression de sa propre
vie ou de celle d'autrui : en effet, l'autonomie personnelle présuppose le fait
d'être vivant, et implique la responsabilité de l'individu, qui est libre de
faire le bien selon la vérité ; il réussira à s'affirmer, sans contradiction,
seulement en reconnaissant (et ce, également dans une perspective purement
rationnelle) qu'il a reçu sa vie en don et qu'il ne peut donc pas en être le
"maître absolu" ; en définitive, supprimer la vie, c'est détruire les
racines mêmes de la liberté et de l'autonomie de la personne.
_ Et lorsque la
société réussit à rendre légitime la suppression de l'individu – quel que soit
le stade de la vie où il se trouve, ou quel que soit le degré de dégradation de
sa santé –, elle renie sa finalité et le fondement même de son existence,
ouvrant la voie à des iniquités toujours plus graves.
_ Enfin, la légitimation
de l'euthanasie induit une complicité perverse du médecin qui, de par son
identité professionnelle et en vertu des exigences déontologiques
incontournables auxquelles elle est liée, est toujours appelé à soutenir la vie
et à soigner la douleur, et jamais, au grand jamais, à donner la mort, même sur
l'insistance attentionnée de qui que ce soit (cf. Serment d'Hippocrate); cette
conviction éthique et déontologique a traversé les siècles sans que sa
substance se trouve altérée, ainsi que le confirme, par exemple, la Déclaration
de l'Association médicale mondiale sur l'Euthanasie (XXXIX Assemblée, Madrid
1987) : "L'euthanasie, c'est-à-dire l'acte consistant à mettre fin, de
façon délibérée, à la vie d'un patient, que ce soit à la demande du patient
lui-même ou bien à la demande de sa famille, est un acte immoral. Ce qui
n'empêche pas le docteur de respecter le désir d'un patient de permettre que le
processus naturel de la mort suive son cours dans la phase finale de la maladie".
(no 5).
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