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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 27 juin 2010

 ASSEMBLÉE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU QUÉBEC (AECQ)

En fin de vie… prendre soin,
dans le respect de la dignité humaine
(2005)

_ En quoi consiste la dignité humaine ? D’après plusieurs philosophes, est revêtu d’une dignité ce qui ne peut être affecté d’aucun prix. Les objets matériels peuvent être transigés à des prix parfois très élevés, l’être humain est sans prix. (…) nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26). Pour sa part, Jésus nous dit qu’il a partie liée avec toute personne blessée ou malade : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Mt 25,40). Comment concevoir plus éminente dignité !

_ Terminer sa vie avec dignité, c’est la terminer de la façon la plus humanisante possible. On peut penser alors à ce qui permet au malade de garder son meilleur état de conscience, de procéder à des réconciliations pacificatrices pour lui-même et les siens, de remplir certains devoirs à l’égard des membres de sa famille, de puiser dans les expériences qui ont pu donner sens à sa vie et, enfin, de se mettre en présence de Dieu et de se disposer à la grande rencontre avec Lui, en particulier grâce au sacrement des malades. Un milieu de santé qui favorise pareille démarche rend un service éminent à la personne malade.

_ Le pire qui puisse leur survenir serait d’affronter leur épreuve dans une solitude totale. De fait, dans nos centres hospitaliers et nos centres de soins de longue durée, beaucoup de malades souffrent de solitude. À l’heure où ils ne parviennent plus à donner sens à ce qu’ils vivent, le regard de bonté d’une personne qui prend soin d’eux possède l’étonnant pouvoir de redonner du sens.

_ Tout comme notre naissance, la fin de notre vie s’avère un moment de grande fragilité. (…) À ces heures, et plus que jamais, nous sommes confiés les uns aux autres. De fait, beaucoup de personnes acceptent de relever ce défi en donnant le meilleur d’elles-mêmes, professionnellement ou bénévolement. Ainsi la fragilité des uns devient, en un certain sens, une chance pour les autres et pour l’ensemble de notre société.