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AMOUR
ET VÉRITÉ 3/3 Témoigner
de la miséricorde de Dieu
Vivre en état de conversion
Comment faire pour s'assurer de marcher dans le chemin
d'une miséricorde toujours plus grande ? Comment faire pour être sans cesse
miséricordieux ?
Une approche incontournable consiste en la prise de
conscience que ma propre conversion n'est jamais terminée. Connaissant Dieu
comme étant l'Amour bienveillant, le voyant comme étant l'Amour miséricordieux,
sachant que le Pardon divin m’attend toujours, je deviens prêt à percevoir que j'ai
péché, à prendre davantage conscience que je suis pécheur, que j’ai besoin de
la miséricorde de Dieu et que je ne peux pas « vivre autrement qu'en me
convertissant à Lui continuellement » (DIM no. 13).
La conversion ne peut donc être réduite à « l'acte intérieur
d'un instant »; elle est une « disposition permanente », un « état d'âme ». La vie
chrétienne est une vie de conversion toujours plus grande, toujours davantage
imprégnée de l’Esprit de Vérité et de la grâce de Jésus-Christ. Le combat
personnel pour la fidélité à la prière et l’obéissance de la foi, pour
l’évangélisation de toutes les zones de notre vie, de notre être, de notre agir
et de notre parole, nous confronte à nos propres limites, à notre capacité de
pécher et de faire le mal, à notre propre besoin de salut.
Le combat pour sa propre conversion est collaboration à
l’œuvre de Dieu qui nous sauve, qui vient nous habiter, qui a le pouvoir de
nous transformer et de faire de nous d’humbles témoins de l’Amour et de la
Vérité.
Témoigner de la
Vérité
Distinguer la personne de ses actes, témoigner de la
miséricorde de Dieu et se convertir soi-même toujours davantage, préparent à
exercer un dialogue respectueux et confiant, à écouter en cherchant à
comprendre et à témoigner de la vérité, tout en laissant un espace à l’action
du Seigneur qui a le pouvoir de toucher les cœurs et qui appelle à le suivre.
D’une part, dans le cas d’une trop grande hésitation à transmettre le message
chrétien, je suis appelé à reconnaître que le Seigneur veut avoir besoin de ma parole
extérieure qui se fait entendre pendant que l’Esprit Saint agit au fond de
l’âme pour y faire retentir la
Parole de Jésus-Christ.
D’autre part, si j’ai un grand souci d’exprimer une
réflexion et d’annoncer la foi et la morale chrétiennes, je suis appelé à
m’appuyer en premier sur la grâce de Dieu qui est donnée en surabondance, qui
inspire ma parole et qui rejoint l’esprit, l’âme, le cœur de
l’interlocuteur. Ainsi, à travers le double témoignage de la miséricorde
et de la vérité, c'est toujours le Seigneur qui appelle; c’est à son œuvre de
création et de salut que je participe.
Témoigner de la miséricorde divine sans témoigner de la
vérité, ce serait diminuer la force de cette miséricorde qui a le pouvoir de
nous prendre tels que nous sommes, de nous justifier et de nous pacifier, car
quel que soit notre péché ou notre sentiment de culpabilité, Dieu le Père voit
toujours en nous ses enfants bien-aimés. Témoigner de la vérité sans témoigner
de la miséricorde, ce serait appauvrir la vérité « car Dieu est Amour » (1 Jn 4, 8).
Conclusion : s’appuyer sur Dieu
Chercher à être témoin de la miséricorde et de la vérité
sans s’appuyer tout d’abord sur l’action de Dieu en nous et dans le cœur des
autres, ce serait trop compter sur la force des moyens humains. Chercher
à s’appuyer sur Dieu sans s’efforcer d’être témoin de la miséricorde et de la
vérité, ce serait sous-estimer la collaboration à laquelle le Seigneur nous
appelle.
Il importe de conduire les personnes blessées dans leur
vision de l’être humain, du mariage et de la famille, au cœur infiniment
miséricordieux du Christ car en découvrant cette miséricorde, elles percevront
qu'elles en ont besoin; en y recourant, elles recevront du Christ la force qui
leur permettra de chercher et de trouver un sens à leur vie. En cherchant la
vérité, elles entendront, à travers la Bible et l'enseignement de l'Église,
l'appel du Seigneur concernant la vie, le mariage et la famille, leur rapport
avec l’existence personnelle et la société.
Vivons
« en contemplant constamment le Christ » (DIM
no 13) et en l'implorant sans cesse de nous donner un cœur
miséricordieux comme le sien. Confessons au monde de notre temps, à travers
notre regard, nos actes et nos paroles que « Dieu est riche en miséricorde » (Ep
2, 4), qu'il désire inonder les cœurs de son pardon et qu'il peut libérer l’âme
blessée, aveuglée et oppressée. Persévérons dans la fidélité et la confiance, à
transmettre l'appel du Seigneur Jésus-Christ, à tenir ensemble Amour et Vérité.
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