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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 14 février 2010

REDÉCOUVRIR LE JEÛNE

Introduction : où en suis-je ?

Où en suis-je dans ma pratique du jeûne ? Le jeûne (18 à 59 ans) est demandé le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. On peut certes le recommander également pour chaque vendredi de l’année, pour honorer le jour où le Christ est mort sur la croix. Pourquoi jeûner et comment jeûner ?

Jésus-Christ : centre de ma vie

Alors qu'on demande à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas, Il répond qu'ils jeûneront lorsqu'Il sera parti (Lc 5, 33-35). Ici le sens fondamental que Jésus donne au jeûne, c'est qu'il exprime un désir profond, une faim et une soif plus grandes que tout de mettre Jésus-Christ au centre de nos vies. Jeûner c’est prier de toute sa personne, de tout son être, corps et âme, pour dire à Jésus que nous aurions beau tout avoir, si nous ne l’avons pas Lui, nous n'avons rien. Jeûner c’est dire à Jésus-Christ qu’Il est la primordiale et indispensable nourriture de notre vie et de notre amour.

Solidarité et partage

Jeûner, c'est aussi accomplir un acte de solidarité avec les personnes les plus démunies, des pays riches ou des pays pauvres. Jeûner c’est prendre le temps de se laisser toucher par les inégalités et les situations de misère, qui frappent des êtres humains en si grand nombre. Être tenaillé par la faim à l'occasion d'un jeûne ou éprouver la faiblesse, c'est éprouver pendant un moment ce que d'autres vivent chaque jour. Le jeûne suscite ainsi des élans de générosité, des attitudes et des gestes de partage. Le jeûne invite aussi à la sobriété dans notre style de vie.

Renoncement et force de don de soi

Jeûner est aussi un entraînement au dépassement de soi. S’exercer à se priver de nourriture, alors que celle-ci est un bien qui nous touche si intimement dans notre corps, c'est développer une capacité de renoncer à nos désirs propres pour être plus disponible aux appels du Christ, c'est grandir notre capacité de nous donner par amour quelles que soient nos attaches. L’amour de Dieu et des autres ne peut s’épanouir sans surmonter l’égoïsme qui le retient, la peur de se perdre soi-même qui le paralyse. Jeûner c’est renoncer à soi-même afin d’affermir et d’accroître notre force de don de soi.

Comment jeûner

Les considérations de santé sont primordiales, et il faudrait consulter un médecin si celle-ci était un enjeu. On peut commencer à pratiquer une journée de jeûne, en répartissant aux heures habituelles des repas, deux collations et un repas sobre où l’on mange à sa faim. D’éventuelles sensations de faim, faiblesse, maux de tête, s’estompent lorsque l’on boit de l’eau. Il s’agit de boire environ un litre d’eau dans la journée, selon sa soif, sans forcer. Le lendemain matin on se sentira bien.

L’abstinence du vendredi, où l’on se prive d’un met spécifique tout en comblant sa faim, a le même sens de l’amour que le jeûne. C'est l'abstinence de viande qui est généralement demandée, mais compte tenu des variétés dans les styles d'alimentation (ex. : végétarien …) et dans les circonstances (ex. : fête) il peut y avoir lieu de s'abstenir d'un autre met auquel on est habituellement attaché.

Conclusion : le sens de l’amour

Jeûner c’est s’entraîner au combat spirituel pour mieux aimer Jésus-Christ et les autres.

Christian LÉPINE, prêtre-curé