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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 3 janvier 2010

« Je vous salue, Marie, pleine de grâce »
LES DOGMES MARIAUX
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3. Vierge : (suite)

  • Virginité pendant l'enfantement :

L'affirmation de foi nous dit que Marie est demeurée dans l'intégrité virginale pendant l'enfantement. Cette vérité de foi, implicitement contenue dans le "toujours vierge" du IIe concile œcuménique de Constantinople, a été explicitement définie au concile du Latran, en l'an 649 :

"Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que Marie sainte, toujours vierge et immaculée, est mère de Dieu, puisque le Dieu Verbe engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, elle l'a, à la fin des siècles, conçu spécialement et véritablement du Saint Esprit, sans semence humaine, et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant non moins inaltérée après l'enfantement, qu’il soit anathème [réprobation]." (FC 334)

À remarquer que ce concile du Latran n'était pas œcuménique, mais le pape Paul IV a réaffirmé cette position dans la constitution "Cum Quorundum Hominum" le 7 août 1555:

"Par notre autorité apostolique, nous requérons et avertissons de revenir sur leurs erreurs dogmatiques... ceux qui affirment ... ou que [notre Seigneur] n'a pas été conçu du Saint Esprit selon la chair, dans le sein de la bienheureuse et toujours Vierge Marie, mais qu'il l'a été comme les autres hommes et de la semence de Joseph ... ou que cette même bienheureuse Vierge Marie n'est pas vraiment mère de Dieu et n'est pas demeurée dans l'intégrité virginale avant, pendant et perpétuellement après l'enfantement ..." (FC 393)

Pour ce qui est du comment de ce miracle, il faut éviter de se lancer dans les spéculations qui viseraient à satisfaire la curiosité. Il faut demeurer discret. Le magistère ne s'est jamais prononcé à ce sujet.

  • Virginité après l'enfantement :

Dans l'Église il y a toujours eu la conviction que Marie, après la naissance de Jésus, n'a pas eu d'autres enfants, et qu'elle n'a pas eu de relations conjugales avec Joseph.

L'expression "frères de Jésus" n'a jamais fait obstacles pour des gens qui avaient eux-mêmes la coutume d'appeler ainsi leurs cousins. Ainsi on trouve en Matthieu 13, 55-56: "Celui-là n'est-il pas le fils du charpentier ? N'a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude?  Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ?". Mais on trouve aussi plus loin "Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient à distance, celles-là même qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient, entre autres... [la] mère de Jacques et de Joseph..." (Mt 27, 55-56). Ici le contexte nous dit clairement que Jacques et Joseph n'ont pas la même mère que Jésus, même s'ils ont été appelés ses frères.

De plus la réponse de Marie à l'ange "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ?" (Lc 1, 34) a généralement été comprise comme reflétant la décision de Marie de rester vierge.

Le concile du Latran cité ci-dessus nous dit: "sa virginité demeurant non moins inaltérée après l'enfantement". Le pape Paul IV nous dit également, dans la constitution citée ci-dessus, que Marie est demeurée dans "l'intégrité virginale" "perpétuellement après l'enfantement".

Christian LÉPINE, prêtre-curé