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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 6 décembre 2009

 « JE VOUS SALUE, MARIE, PLEINE DE GRÂCE »
LES DOGMES MARIAUX
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Comment se situer par rapport à Marie? Comment prier celle qui est « bénie entre toutes les femmes » ? D'une part bien des noms et bien des titres ont été donnés à Marie, d'autre part de nombreuses réticences sont exprimées car plusieurs craignent qu'on lui accorde trop d'importance. Pourtant, au-delà des points de vue subjectifs, la question est très simple: quelle est la place de Marie dans le plan de Dieu ? Il faut se demander non pas quelle place je me sens prêt à lui accorder, mais quelle place Dieu me demande de donner à celle qui est « pleine de grâce ».

Le point de départ le plus sûr consiste à chercher dans l'enseignement du Magistère quels sont les dogmes qui ont été définis à propos de Marie, à partir de la Bible et de la Tradition. Les conciles œcuméniques et le pape ont en effet la promesse de l'infaillibilité lorsque leur intention est de définir une vérité de foi ou de morale.

Il se peut qu'un dogme rebute la sensibilité et l'intelligence d'une personne. C'est là un signe qu'il y a un besoin de conversion, car l'intelligence est faite pour accueillir la vérité. Ce qui est donc demandé alors, c'est d'accueillir dans la foi la totalité des dogmes et d'imiter Marie qui « gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » (Lc 2, 51). La prière, l'effort pour connaître la foi et pour la mettre en pratique, se combinent pour que peu à peu, ou parfois soudainement, l'intelligence se convertisse et perçoive de mieux en mieux la vérité des dogmes de foi, leur cohérence avec la raison, et leur lien intrinsèque avec l’Amour divin.

Parler des dogmes c'est donc parler de ce qui lie la conscience chrétienne, et c'est là une grande responsabilité. C'est pourquoi, même si cela en fait un texte plutôt austère, les textes-sources où sont définis les quartes dogmes mariaux sont cités amplement avec le moins de commentaires possibles. L'objectif de cette recherche est de pouvoir dire le plus clairement possible dans quel écrit et à quelle date, telle vérité de foi a été définie comme un dogme divinement révélé.

1. MÈRE DE DIEU:

Le concile œcuménique d'Éphèse, en l'an 431, a définit explicitement Marie "Mère de Dieu" :

« Ce n'est pas que d'abord un homme ordinaire soit né de la Sainte Vierge et que sur lui, ensuite, le Verbe soit descendu, mais nous disons que, sorti du sein maternel uni à la chair, il a accepté une naissance charnelle, parce qu'il revendique cette naissance charnelle comme la sienne propre... Ainsi [les saints Pères] n'hésitèrent pas à appeler la Sainte Vierge: mère de Dieu. » (FC 294)

« Si quelqu'un ne confesse pas que l'Emmanuel est  vraiment Dieu et que, pour cette raison, la Sainte Vierge est mère de Dieu (car elle a enfanté selon la chair le Verbe de Dieu fait chair), qu'il soit anathème. » (FC 295)

L'intention était d'affirmer l'unité de la personne de Jésus-Christ. Reconnaître Marie Mère de Dieu signifie, en effet, professer que le Christ, fils de Marie selon la génération humaine, est Fils de Dieu et Dieu lui-même. Dieu dans cette expression, désigne donc uniquement la personne du Fils. Marie est mère de Jésus qui est la personne divine du Fils éternel avec sa nature divine, ayant assumé une nature humaine, sous l’opération de l’Esprit Saint, de sorte que l’on peut dire que Jésus est vrai Dieu et vrai homme.

1 - Gervais Dumeige, traduction et présentation, « Textes doctrinaux du magistère de l'Église sur la foi catholique », (Seconde édition revue et corrigée, Paris, éditions de l'Orante, 1975. 558 p.). Toutes les citations renvoient à ce manuel par le sigle FC, et un numéro correspondant à la numérotation des documents située en marge.

Christian LÉPINE, prêtre-curé