| « JE VOUS SALUE, MARIE, PLEINE DE GRÂCE » LES DOGMES MARIAUX1 1/4
Comment se situer par rapport à Marie? Comment prier celle
qui est « bénie entre toutes les femmes » ? D'une part bien des noms et bien
des titres ont été donnés à Marie, d'autre part de nombreuses réticences sont
exprimées car plusieurs craignent qu'on lui accorde trop d'importance.
Pourtant, au-delà des points de vue subjectifs, la question est très simple:
quelle est la place de Marie dans le plan de Dieu ? Il faut se demander non pas
quelle place je me sens prêt à lui accorder, mais quelle place Dieu me demande
de donner à celle qui est « pleine de grâce ».
Le point de départ le plus sûr consiste à chercher dans
l'enseignement du Magistère quels sont les dogmes qui ont été définis à propos
de Marie, à partir de la Bible et de la Tradition. Les conciles œcuméniques et
le pape ont en effet la promesse de l'infaillibilité lorsque leur intention est
de définir une vérité de foi ou de morale.
Il se peut qu'un dogme rebute la sensibilité et
l'intelligence d'une personne. C'est là un signe qu'il y a un besoin de conversion,
car l'intelligence est faite pour accueillir la vérité. Ce qui est donc demandé
alors, c'est d'accueillir dans la foi la totalité des dogmes et d'imiter Marie
qui « gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » (Lc 2, 51). La prière,
l'effort pour connaître la foi et pour la mettre en pratique, se combinent pour
que peu à peu, ou parfois soudainement, l'intelligence se convertisse et
perçoive de mieux en mieux la vérité des dogmes de foi, leur cohérence avec la
raison, et leur lien intrinsèque avec l’Amour divin.
Parler des dogmes c'est donc parler de ce qui lie la
conscience chrétienne, et c'est là une grande responsabilité. C'est pourquoi,
même si cela en fait un texte plutôt austère, les textes-sources où sont
définis les quartes dogmes mariaux sont cités amplement avec le moins de
commentaires possibles. L'objectif de cette recherche est de pouvoir dire le
plus clairement possible dans quel écrit et à quelle date, telle vérité de foi
a été définie comme un dogme divinement révélé.
1. MÈRE DE DIEU:
Le concile œcuménique d'Éphèse, en l'an 431, a définit
explicitement Marie "Mère de Dieu" :
« Ce n'est pas que d'abord un homme ordinaire soit né de la
Sainte Vierge et que sur lui, ensuite, le Verbe soit descendu, mais nous disons
que, sorti du sein maternel uni à la chair, il a accepté une naissance
charnelle, parce qu'il revendique cette naissance charnelle comme la sienne
propre... Ainsi [les saints Pères] n'hésitèrent pas à appeler la Sainte Vierge:
mère de Dieu. » (FC 294)
« Si quelqu'un ne confesse pas que l'Emmanuel est vraiment Dieu et que, pour cette raison, la
Sainte Vierge est mère de Dieu (car elle a enfanté selon la chair le Verbe de
Dieu fait chair), qu'il soit anathème. » (FC 295)
L'intention était d'affirmer l'unité de la personne de
Jésus-Christ. Reconnaître Marie Mère de Dieu signifie, en effet, professer que
le Christ, fils de Marie selon la génération humaine, est Fils de Dieu et Dieu
lui-même. Dieu dans cette expression, désigne donc uniquement la personne du
Fils. Marie est mère de Jésus qui est la personne divine du Fils éternel avec
sa nature divine, ayant assumé une nature humaine, sous l’opération de l’Esprit
Saint, de sorte que l’on peut dire que Jésus est vrai Dieu et vrai homme.
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