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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 1er novembre 2009

deuil et espérance

U

ne des plus grandes souffrances de l'existence consiste en la perte d'un être cher. La peine qui envahit l'âme au moment d'un tel drame a sa noblesse, car elle signifie l'amour et les liens tissés tout au long d'une vie, toujours trop courte.

L'Église, lors d'une telle épreuve, a un rôle d'accueil, de soutien et d'accompagnement. C'est un temps bien court où les personnes dans le deuil sont invitées à confier leur douleur à Dieu dans la prière. C'est un temps pour, dans la foi, présenter à Dieu la personne que nous avons aimée, en faisant mémoire du passé et en espérant les retrouvailles à la Table du Royaume éternel.

Il n'est pas rare d'entendre des personnes dire comment la liturgie des funérailles à l'église a été source de réconfort et de paix, au-delà de leurs attentes. Jésus-Christ, qui a pleuré son ami Lazare, qui a lui-même dit "mon âme est triste à en mourir" à la veille de sa mort, est particulièrement présent lors de funérailles avec messe, car dans le sacrement de l'eucharistie, Il communique son amour qui porte nos péchés, nos souffrances et nos morts sur sa Croix, et qui agit dans la puissance de sa Résurrection.

La liturgie des funérailles à l'église se déroule, quand cela est possible, en présence du corps; elle peut être célébrée en présence des cendres, selon les circonstances. C'est une façon de vivre le deuil en prenant le temps de passer par chaque étape. La présence du corps ou des cendres, donne un espace pour respecter la dépouille de la personne défunte, dans sa dignité de corps humain, maintenant séparé de l'âme qui est immortelle, pour connaître la résurrection de la chair à la fin des temps, dans la participation à la vie éternelle.

Le décès, le salon funéraire, l'église, sont des étapes qui se succèdent pour conduire au cimetière catholique où l'on dispose du corps ou des cendres. Il arrive que certaines personnes gardent les cendres à la maison, les déposent dans le jardin ou les dispersent. Cela est compréhensible, car il est si douloureux de voir partir l'être aimé sur l'autre rivage. Par contre, alors que le mode de présence mutuelle que l'on a connu n'est plus possible, la foi nous invite à ouvrir notre cœur à un autre mode de présence, celui, invisible, de la vie en Dieu. Disposer des cendres au cimetière, sachant qu'on peut aller y faire une visite à notre rythme pour prier et faire mémoire, tout en marchant vers l'avenir dans l'espérance, c'est une façon de vivre le deuil.

Étant tous exposés à la perte d'un être cher et appelés à nous soutenir, je vous assure de mon affection et je vous transmets mes sentiments les plus cordiaux en Notre Seigneur.

Christian LÉPINE, prêtre-curé