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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 26 avril 2009

Points de repère,
pour être disciple de Jésus-Christ aujourd’hui

 

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Vivre en état de conversion

Comment faire pour s'assurer de marcher dans le chemin d'une miséricorde toujours plus grande ? Comment faire pour être sans cesse miséricordieux ?

Une approche efficace est tout simplement la prise de conscience que ma propre conversion n'est jamais terminée. Connaissant Dieu comme étant l'Amour bienveillant, le voyant comme étant l'Amour miséricordieux, sachant que le Pardon divin m’attend toujours, je deviens prêt à percevoir que j'ai péché, à prendre davantage conscience que je suis pécheur, que j’ai besoin de la miséricorde de Dieu et que je ne peux pas « vivre autrement qu'en me convertissant à Lui continuellement » (DIM no. 13).

La conversion ne peut donc être réduite à « l'acte intérieur d'un instant » ; elle est une « disposition permanente », un « état d'âme ».

Témoigner de la Vérité

Distinguer la personne de ses actes, témoigner de la miséricorde de Dieu et se convertir soi-même toujours davantage, préparent à exercer un dialogue respectueux et confiant, à écouter en cherchant à comprendre et à témoigner de la vérité, tout en laissant un espace à l’action du Seigneur qui a le pouvoir de toucher les cœurs et qui appelle à le suivre. D’une part, dans le cas d’une trop grande hésitation à transmettre le message chrétien, je suis appelé à reconnaître que le Seigneur veut avoir besoin de ma parole extérieure qui se fait entendre pendant que l’Esprit Saint agit au fond de l’âme pour y faire retentir la Parole de Jésus-Christ.

D’autre part, si j’ai un grand souci d’exprimer une réflexion et d’annoncer la foi et la morale chrétiennes, je suis appelé à m’appuyer en premier sur la grâce de Dieu qui est donnée en surabondance qui inspire ma parole et qui rejoint l’esprit de l’interlocuteur. Ainsi, à travers le double témoignage de la miséricorde et de la vérité, c'est toujours le Seigneur qui appelle ; c’est à son œuvre de création et de salut que je participe.

Témoigner de la miséricorde divine sans témoigner de la vérité, ce serait diminuer la force de cette miséricorde qui a le pouvoir de nous prendre tels que nous sommes, de nous justifier et de nous pacifier, car quel que soit notre péché ou notre sentiment de culpabilité, Dieu le Père voit toujours en nous ses enfants bien-aimés. Témoigner de la vérité sans témoigner de la miséricorde, ce serait appauvrir la vérité « car Dieu est Amour » (1 Jn 4, 8).

S’appuyer sur Dieu

Chercher à être témoin de la miséricorde et de la vérité sans s’appuyer tout d’abord sur l’action de Dieu en nous et dans le cœur des autres, ce serait trop compter sur la force des moyens humains. Chercher à s’appuyer sur Dieu sans s’efforcer d’être témoin de la miséricorde et de la vérité, ce serait sous-estimer la collaboration à laquelle le Seigneur nous appelle.

Il importe de conduire les personnes blessées dans leur vision de la vie, du mariage et de la famille au coeur infiniment miséricordieux du Christ, car en découvrant cette miséricorde et en y faisant appel elles recevront du Christ la force qui leur permettra de chercher et de trouver un sens à leur vie. En cherchant la vérité, elles entendront, à travers l'enseignement de l'Église, l'appel du Seigneur concernant la vie humaine, la vocation au mariage et la place de la famille comme cellule de la société.

Vivons « en contemplant constamment le Christ » (DIM no 13) et en l'implorant sans cesse de nous donner un coeur miséricordieux comme le sien. Confessons au monde de notre temps, à travers notre regard, nos actes et nos paroles que « Dieu est riche en miséricorde » (Ep 2, 4), qu'il désire inonder les coeurs de son pardon et qu'il peut libérer l’âme blessée et oppressée. Persévérons dans la fidélité et la confiance, à transmettre l'appel du Seigneur Jésus-Christ, à tenir ensemble Amour et Vérité.

... à suivre

 

Christian LÉPINE, prêtre-curé