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Notre-Dame-des-Champs, le 7 décembre 2008 « Voici le Pardon de Dieu qui enlève le péché du monde » « Je me condamne » Il nous arrive de nous condamner et de ne plus entrevoir d’issue :
Regret, Remords, Repentir Le regret c'est la constatation d'avoir causé du tort, mais sans prise de conscience de sa propre responsabilité : « Je regrette que cela soit arrivé, mais cela n’est pas de ma faute ». Le remords c'est la conscience d'être l'auteur, l'artisan de mon péché. Je déteste un passé qui pèse sur mes épaules et je voudrais l'anéantir. Le remords confère à ma faute une présence envahissante qui m'accapare tout entier et qui revient sans cesse à mon esprit comme pour me hanter. Il y a ici une conscience de sa propre responsabilité, mais on se voit prisonnier de sa faute et on n’entrevoit pas de chemin de libération intérieure. On peut s’enliser dans le remords, régresser au regret ou passer au repentir. Le repentir est un regard sur le passé pour mieux regarder l'avenir. Il s'agit de s'avouer à soi-même qu'on a eu tort, sans exagérer ni minimiser, et ainsi de voir sa juste responsabilité. Il s'agit de chercher à corriger le passé dans la mesure de nos moyens, et de donner à l'avenir une nouvelle direction. Un tel chemin n’est possible que si on rencontre le pardon. Le repentir, chemin qui demeure douloureux, devient ainsi chemin de renaissance et de déploiement d'un amour plus décidé. Un Pardon Tout-Puissant Alors que je me condamne je suis appelé à me tourner vers celui qui n'est pas venu pour condamner, mais pour sauver : l'Agneau de Dieu. L'Agneau cela évoque l'agneau sans tache qui est offert en sacrifice et c'est ainsi le symbole qui exprime que Jésus est innocent de tout péché et qu'Il donne sa vie pour nous. Si l'Innocent par excellence donne sa vie, c'est par amour qu'Il le fait. Jésus n'a pas attendu que nous l'aimions pour nous aimer. Il nous a aimés alors que nous étions pécheurs. Quel que soit notre péché il nous regarde toujours avec une miséricorde et une patience infinie, et un désir inébranlable de nous voir uni à Lui dans la paix. Cet amour est non seulement infini dans son désir mais aussi infini dans sa capacité de se réaliser et dans sa puissance de salut. Jésus veut non seulement nous sauver mais est capable de nous sauver. En effet : « Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29). Le Christ est capable de me libérer une fois pour toutes de mon péché. Mon péché qu'Il a porté sur la croix, n'existe plus lorsqu'Il l'enlève. Ce que j'étais devenu par mon acte est disparu, je suis maintenant une créature nouvelle vivant dans le Plan d'Amour de Dieu. Sacrement du pardon Je suis invité à prendre le temps de m'arrêter pour mettre mon péché devant moi et le présenter tel quel à Dieu, à Lui remettre en Lui demandant de l'enlever. L'Esprit-Saint m'aidera à ne pas sombrer dans le désespoir, à voir mon péché du point de vue de la miséricorde de Dieu, du pardon qui m'attend, à avoir un désir ferme d'aimer mieux. Il y a bien sûr la question des conséquences de mon péché. Il y a celles que je puis réparer et il y a celles qui m'échappent. Cependant aucunes n'échappent au pouvoir de Dieu qui est capable de s'en servir pour le bien. Il s'agit donc de tout lui remettre, mon péché et ses conséquences néfastes. Grandir en Jésus-Christ Après avoir péché, se tourner vers l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, et suivre le chemin du repentir en acceptant la douleur et l'humiliation qu'il comporte, en recourant à la Miséricorde divine dans le sacrement du pardon, c'est grandir dans la foi en Jésus-Christ, dans l’espérance en son Salut , et dans un amour plus résolu et agissant. Christian LÉPINE, prêtre-curé |