Liturgie   Textes de nos pasteurs   Autres liens
 


Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 5 octore 2008

SERVIR LA VIE ET LA PAIX (4)

Imiter la prière de Jésus

« Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe !
Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse !
 » (Luc 22, 43)

La prière de Jésus lors de l’agonie à Gethsémani est le modèle par excellence de toute prière lorsque nous sommes confrontés à une forme ou une autre d’angoisse.

En effet, Jésus se présente à son Père tel qu’il est et tel qu’il ressent sa situation. Le moment est venu de boire l’épreuve amère de la mort sur la croix, et Jésus, dans sa nature humaine, « commença à ressentir tristesse et angoisse » (Mt 26, 37) au point de dire « Mon âme est triste à en mourir » (Mt 26, 38).

Lorsque nous sommes confrontés à des situations qui sont source d’angoisse comme la maladie, l’échec, le dénuement, le rejet et la solitude nous pouvons toujours nous approcher de Dieu dans la prière en lui demandant : « que cette coupe s’éloigne de moi ». Nous n’avons pas à craindre de le déranger, de l’importuner, que ce soit pour une petite peine ou une grande peine. Nous sommes appelés à être les enfants du Père par le Fils dans l’Esprit. Comme de jeunes enfants qui vont trouver leurs parents avec confiance pour toute difficulté de leur vie, nous pouvons nous tourner vers Dieu et aller vers Lui avec confiance, dans la prière, pour lui présenter notre vie, nos difficultés et nos souhaits.

Cependant la prière chrétienne, la prière de disciple de Jésus-Christ, ne s’arrête pas à l’expression de la douleur ou des craintes, elle continue jusqu’à dire « mais que ta volonté soit faite et non la mienne ». Faire confiance à Dieu c’est faire confiance à sa Présence, à sa Sagesse et à sa Providence. Dieu nous conduit vers la vie éternelle, et en cette vie Il nous appelle à participer à son œuvre de création et de salut. En nous en remettant à sa volonté nous nous en remettons à son Amour et à son Plan d’Amour qui nous dépasse mais pour lequel nous sommes faits. Jésus nous conduit au Bonheur éternel, mais déjà en cette vie Il a le pouvoir de nous donner sa Paix, fruit de sa mort sur la croix et de sa résurrection.

On pourrait penser que la prière de Jésus n’a pas été exaucée, puisqu’il s’est relevé pour marcher jusqu’à la croix. Or le désir le plus profond de Jésus, au-delà de l’angoisse et de la tristesse, étant de faire la volonté de son Père, de vivre dans l’obéissance jusqu’à l’extrême de l’amour, on peut dire qu’Il a été exaucé car la volonté de salut de son Père s’est réalisée. C’est pourquoi la Bible dit, en évoquant l’agonie et le chemin de croix : « Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et, en raison de sa piété et de son obéissance, Il a été exaucé » (He 5, 7).

Il a été exaucé non seulement dans le sens où Il est ressuscité, mais tout d’abord dans le sens où Il est resté dans l’obéissance de la foi et de l’amour jusqu’à la mort sur la croix, car la véritable mort c’est d’être séparé de Dieu, de sa Volonté, de son Amour infini et de sa Vie éternelle.

Christian LÉPINE, prêtre-curé