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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 14 septemre 2008

SERVIR LA VIE ET LA PAIX (1)

Chaque époque a ses grandeurs et ses misères, ses qualités et ses conversions à entreprendre, ses acquis et ses défis à relever. Notre époque met beaucoup en valeur la dignité de la personne, les droits de l’être humain, et c’est là une richesse. Cependant, on ne peut éviter de remarquer que la définition que l’on donne de l’être humain et de la personne, influence la conception des droits et des devoirs. Par exemple : à partir de quand l’enfant dans le sein de sa mère doit-il être traité comme un être humain? L’un dira, pas avant la naissance, l’autre dira après x semaines, la tradition biblique et chrétienne a pour sa part toujours dit que c’est depuis la conception, car est déjà humain celui qui naîtra humain (Tertullien). Le résultat c’est que l’on continue toujours de parler abondamment de la dignité et des droits humains, mais en même temps l’avortement est banalisé ou toléré à grande échelle sur l’ensemble de la planète. C’est une situation difficile et complexe, car c’est au nom du bien qu’il est pratiqué, apparaissant pour certains comme la solution à divers problèmes réels et sérieux, alors que recourir à l’avortement peut être vu, non comme une solution, mais comme un autre problème s’ajoutant à ceux qui sont existants.

Comment trouver le chemin de la proclamation, de l’exhortation et du dialogue, comment prendre et reprendre le flambeau du caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle, et en tirer les conclusions pour orienter notre existence et notre engagement dans le monde d’aujourd'hui? Les réflexions qui suivent, veulent être un appel à cheminer en cherchant la Lumière qui vient de Dieu, non seulement concernant le problème concret de l’avortement ou des différentes menaces contre la vie humaine, mais regardant l’appel concret que Dieu adresse à chaque chrétien d’être un serviteur de l’Amour et de la Vérité, de la Justice et de la Miséricorde, de la Vie et de la Paix.

La bannière des droits de la personne, peut être brandie pour justifier l’abolition des droits de qui n’est pas vue comme une personne en relation : fœtus, certains handicaps, certaines maladies. Comment faire face à une telle proclamation, avec un grand respect des personnes qui la promeuvent, tout en réprouvant les actes graves qui sont commis? Pour le chrétien, Dieu aime le pécheur et déteste le péché; c’est pourquoi il doit lui-même apprendre l’amour pour tout être humain en même temps que le combat contre le mal. Il ne s’agit pas, au nom de l’amour des autres, de banaliser le mal qu’ils peuvent commettre, ni, au nom du combat contre le mal, de condamner les personnes.

Comment combattre le mal tout en aimant et respectant les personnes qui commettent le mal? C’est là une question cruciale, car il ne s’agit pas seulement de combattre le mal, mais de le combattre par le bien, il s’agit de vaincre le mal par le bien. Combattre le mal par le mal, c’est déjà être vaincu par le mal, car l’on devient alors ce que l’on dénonce. C’est pourquoi le premier combat de notre vie, c’est, non pas le combat contre le mal chez les autres, mais le combat contre le mal qui agit en nous-mêmes, contre le péché et le mal qui agit en moi.

Dans les semaines qui suivent, nous allons chercher ensemble l’appel de Dieu dans le combat contre le péché et contre le mal, dans le combat pour la vie et pour la paix.

Christian LÉPINE, prêtre-curé