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Notre-Dame-des-Champs, le 2 mars 2008 Le jeûne et l’amour Introduction :
redécouvrir le jeûne Où en suis-je dans
ma pratique de l'abstinence et du jeûne ? Le jeûne (18 à 59 ans) est demandé le
Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint et il est recommandé pour d'autres
moments de l'année selon la discrétion de chacun. L'abstinence (14 ans et plus)
est demandée pour ces deux jours et chaque vendredi de l'année. Il est surtout
question ici de se situer vis-à-vis du pourquoi de cette double pratique. Une vie de conversion Dans la vie chrétienne,
il n'y a pas de moment où quelqu’un peut dire « ça y est », « je
suis arrivé », « je suis au sommet de l'amour ». Je peux penser
avoir tout quitté pour Jésus, il y a toujours quelque chose auquel je suis
attaché et qui limite ma disponibilité. De plus, il y a la possibilité de
reprendre ce que j'ai quitté, d’être infidèle à mes engagements. En tant que baptisés
nous avons quitté bien des choses pour répondre à l'appel du Seigneur. Mais il
y a toujours des appels, que nous refusons d'entendre, auxquels nous négligeons
de répondre, que nous remettons au lendemain (avec une bonne excuse). Je peux penser
marcher sur le chemin du Christ dans la générosité, le pardon et la constance, mais
l’amour véritable reconnaît ses échecs et cherche toujours à grandir. Ainsi, la vie
chrétienne est basée sur une vie de conversion permanente, non seulement sur la
conversion d'un moment, si sérieuse soit-elle. La grâce et l’effort Pour qu’un amour
toujours plus grand s'épanouisse en nous, pour que nous nous convertissions de
plus en plus, il y a deux axes à tenir ensemble : l'action salvatrice de Dieu
en nous, à travers les sacrements et la prière, et l'effort personnel que nous
sommes appelés à exercer. Cet effort a sa
place dans chaque zone de notre vie, mais il y a une dimension particulière où
faire un effort fortifiera l’ensemble de mes attitudes et de mes actions dans
le sens d’un plus grand dépassement de soi et d’un don de soi plus résolu.
C'est une dimension que Jésus-Christ : centre de ma vie Alors qu'on demande
à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas, Il répond qu'ils jeûneront
lorsqu'Il sera parti (Lc 5, 33-35).
Ici le sens fondamental que Jésus donne au jeûne, c'est qu'il exprime un désir
profond, une faim et une soif plus grandes que tout de mettre Jésus-Christ au
centre de nos vies. Jeûner c’est prier de toute sa personne, de tout son être, corps
et âme, pour dire à Jésus que nous aurions beau avoir, toutes les richesses, tous
les plaisirs, tous les pouvoirs, tous les honneurs, si nous ne l’avons pas Lui,
nous n'avons rien. Jeûner c’est manifester de tout notre cœur que nous voulons
Lui donner la première place, qu’Il est la source et le sommet de notre
existence, que nous voulons le recevoir comme notre Seigneur et Sauveur sans
lequel nous ne pouvons vivre et ne voulons vivre. Jeûner c’est s’entraîner au
combat spirituel pour, avec la grâce, maintenir Jésus-Christ comme la primordiale
nourriture, l’indispensable nourriture de notre vie et de notre amour. Christian LÉPINE, prêtre-curé |