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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 18 novembre 2007

C'EST MOI QUI L'AI FAIT !
du repentir au pardon divin

Chercher le secours de l’Esprit-Saint

....suite

La souffrance de se voir pécheur, de voir son péché, devient sous la conduite de l'Esprit-Saint, participation à la croix du Christ, et dans l'aveu, ouverture à l'action salutaire de Jésus-Christ.

Il y a bien sûr la question des conséquences de mon péché. Il y a celles que je puis réparer et il y a celles qui m'échappent. Cependant aucunes n'échappent au pouvoir de Dieu qui est capable de s'en servir pour le bien. Il s'agit donc de tout lui remettre, mon péché et ses conséquences néfastes.

Tout ce qui précède conduit ainsi au sacrement du pardon et invite à prendre le temps de s’y préparer dans la prière et d’y participer dans la confiance en la miséricorde divine.

Ne pas regarder en arrière

Après le pardon reçu, après l'accomplissement de la pénitence, il y aura des moments où ce qui fut notre péché reviendra à notre mémoire nous tourmenter. Ce regard en arrière sur une faute passée, porteur de tristesse et peut-être de désespoir, devra être traité comme une tentation à laquelle il faut résister en se confiant à Jésus-Christ dans la prière, car mon péché a été pardonné et enlevé, il n’est plus.

Conclusion : grandir en Jésus-Christ

Après avoir péché, se tourner vers l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, suivre un chemin de conversion et de repentir en acceptant la douleur et l'humiliation qu'il comporte, car on veut mieux aimer les membres de sa famille, car on veut réparer par une plus grande tendresse, les blessures causées, car on veut recouvrer la liberté et la joie de vivre et d’aimer, car on veut vivre uni à Jésus-Christ, peut être l'occasion de grandir dans la foi, l'espérance et l'amour.

Grandir dans la foi, car nous mettons en acte notre foi dans le salut qu'apporte la personne divine Jésus-Christ. Grandir dans l'espérance, car nous éprouvons sa capacité d'agir en nous, par la paix et la liberté du cœur que le Seigneur nous donne. Grandir dans l'amour, car plus unis au Sauveur nous pouvons aimer davantage notre épouse, notre époux, nos enfants, nos frères et sœurs de sang, nos frères et sœurs en humanité et dans le Christ.

Un moment de grâce

On n'éprouve pas toujours la souffrance d'avoir péché. Il y a des périodes de notre vie où on le fait peut-être rarement. Et pourtant lorsqu'on aime, peut-il y avoir plus grande souffrance ? Et pourtant lorsqu’on aime, chaque échec de l’amour de Dieu et du prochain ne devrait-il pas être cause de repentir ? La plus grande tristesse, c’est de ne pas être saint (Bernanos).

De ce point de vue, la souffrance d'avoir commis un acte que l'on regrette amèrement, peut être un moment privilégié de notre existence, un moment de grâce : celui de la reconnaissance et de l'acceptation que j'ai besoin d'être sauvé.

La prise de conscience que nous sommes capables de pécher et portés au péché devient ainsi une voie pour apprendre à accueillir le Seigneur, qui nous aime tels que nous sommes tout en nous appelant à être des justes et à la sainteté, et à lui permettre de nous transformer, car Il fait « un monde nouveau » en faisant de nous des créatures nouvelles.

Ainsi pardonnés nous pouvons oublier ce qui est en arrière, le péché, et nous lancer vers l'avant, dans la marche à la suite de Jésus-Christ (cf Ph 3, 13).

Christian LÉPINE, prêtre-curé