|
Liturgie Textes
de nos pasteurs Autres
liens |
|
|
|
Notre-Dame-des-Champs, le 11 novembre 2007 C'EST
MOI QUI L'AI FAIT ! Sacrement du pardon…suite Ne pas chercher d’excuses Il pourrait y avoir la réaction de chercher à trop bien comprendre son péché, à se l'expliquer d'une façon qui diminue sa propre responsabilité. On ne veut pas être trop coupable de ce qu'on a fait. Nous pouvons ainsi chercher à sortir de la douleur du remords en passant au regret, ce qui peut être compréhensible mais qui ne conduit nulle part en nous limitant dans les prises de conscience nécessaires pour apprendre de nos erreurs, de nos fautes et de nos péchés, en contribuant à nous faire perdre de vue notre part de responsabilité. On peut soi-même concevoir des explications à son acte qui permettent de blâmer la situation ou les autres. Il est certain que lorsque l'on cherche des excuses, on en trouve. S’il est vrai que les circonstances, un manque de connaissance et de liberté, peuvent atténuer ma responsabilité, il demeure que l’acte posé a été posé par moi. On peut raisonner en cherchant à se convaincre soi-même qu’on n’est pas responsable de son acte, qu'il ne faut pas s'en faire, qu'il faut oublier cela, qu'il faut tourner la page et aller de l'avant. Ce faisant, on pourra penser qu’on va réussir à surmonter la douleur du remords. Peut-être, mais à quel prix ! En effet, si j'ai une part de responsabilité, quelle que soit la douleur qui en accompagne la prise de conscience, ne vaut-il pas mieux apprendre à y faire face ? N'est-il pas dangereux de vouloir y échapper ? Est-ce que je ne risque pas alors de devenir de moins en moins responsable de mes actes ? N'est-il pas grandement dommageable de refouler ma conscience morale en évacuant ma responsabilité ? Est-ce que je ne risque pas d'étouffer la voix de Dieu qui se fait entendre dans ma conscience ? Est-ce que je ne risque pas d'affecter ma capacité d'entendre l'appel du bien ? Le passage du remords au regret ne peut tout au plus qu'apporter un soulagement de surface car quelque part à l'intérieur de soi le remords continue et mine sans que l'on s'en aperçoive. Un jour, dix ans plus tard, vingt-cinq ans plus tard, dans la vieillesse peut-être, à l'occasion d'un événement, d'une relecture de sa vie ou d'une parole, la blessure, comme une cicatrice mal guérie, s'ouvre de nouveau d'une manière imprévue et nous assène un grand coup. Le regret de ce qui est arrivé peut camoufler ma responsabilité, mais il ne peut pas l'effacer. Chercher le secours de l’Esprit-Saint Ce qu'il faut éviter c'est de regarder son péché seul, par ses propres ressources d'analyse, d'introspection et de révision de vie. Il faut regarder son péché à la lumière de l'Esprit-Saint, lui demander : « Esprit-Saint éclaire-moi sur mon péché ». Cela même si je pense déjà le connaître, car l'Esprit m'aidera à ne pas sombrer dans le désespoir, à voir mon péché du point de vue de la miséricorde de Dieu, du pardon qui m'attend, à avoir un désir ferme non seulement de ne pas recommencer mais aussi d'aimer mieux en tout. …à suivre
Christian LÉPINE, prêtre-curé |