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Notre-Dame-des-Champs, le 28 octobre 2007 C'EST
MOI QUI L'AI FAIT ! Un chemin de conversion… (suite) « Jésus dit : ‘‘… je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus’’ » (Jn 8, 11). Il s’agit de retourner à Dieu en empruntant un chemin de conversion qui aura comme point de départ la confiance en la miséricorde divine et la prise de conscience que je suis pécheur : ce qui nous invite à considérer trois façons de vivre la remise en question d'un événement antérieur, d'une faute morale commise : le regret, le remords et le repentir. Regret Le regret c'est la constatation d'avoir causé du tort, mais sans prise de conscience de sa propre responsabilité. J'ai blessé quelqu'un, et regrette qu'il ait été blessé, mais je ne regrette pas de l’avoir moi-même blessé, parce que je ne vois pas que ma responsabilité entre en jeu. Remords Le remords c'est la conscience d'être l'auteur, l'artisan de mon péché. Je déteste un passé qui pèse sur mes épaules et je voudrais l'anéantir. Le remords confère à ma faute une présence envahissante qui m'accapare tout entier et qui revient sans cesse à mon esprit comme pour me hanter. Vouloir effacer un passé que je ne peux changer, situation angoissante et intenable. Dans le regret je vois ce qui a été fait, mais je ne vois pas ma responsabilité. Dans le remords, je vois non seulement ce qui a été fait, mais aussi ma responsabilité. Le remords dénote donc un niveau de conscience plus élevé que pour le regret, mais il conduit la personne à se condamner elle-même. Le remords est insupportable et risque de conduire au désespoir ou à tout le moins à une tristesse qui s'installe de façon durable et qui peut sembler incrustée dans l'âme pour la vie. Repentir Le repentir est un regard sur le passé pour mieux regarder l'avenir. Il s'agit de s'avouer à soi-même qu'on a eu tort, sans exagérer ni minimiser, et ainsi de voir sa juste responsabilité. De plus, il s'agit de chercher à corriger le passé dans la mesure de nos moyens, et de donner à l'avenir une nouvelle direction. Le repentir, chemin qui demeure douloureux, devient ainsi chemin de renaissance et de déploiement d'un amour plus résolu qui non seulement ne veut pas recommencer le péché, mais qui veut s’affermir et grandir. Le passage du remords qui emprisonne au repentir qui libère peut être très difficile à réaliser, et même s'avérer humainement impossible. Une créature nouvelle La réponse se trouve du côté de Dieu car Il a le pouvoir non seulement de créer le monde, mais aussi de renouveler le monde, de faire un monde nouveau où l'amour et le pardon sont plus forts que nos vieux péchés et ainsi de faire de nous des créatures nouvelles. …à suivre Christian LÉPINE, prêtre-curé |