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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 21 février 2007

C'EST MOI QUI L'AI FAIT !
du repentir au pardon divin

Introduction : le regret amer

L’expérience du regret est une expérience complexe à laquelle tous sont confrontés au cours de leur existence, particulièrement dans le domaine de la vie familiale où l’engagement pour la vie, le quotidien, l’intimité et les activités partagées, peuvent devenir le lieu de paroles blessantes, d’actes de violence, de fermetures, d’indifférences et d’infidélités. Du point de vue de celui qui commet la faute, on peut constater que s’il y a des péchés qui sont ignorés, il y en a d’autres dont on a pris conscience et qui font souffrir : d’une part on regrette amèrement d’avoir fait du mal à l’autre, et d’autre part on s’aperçoit qu’en blessant l’autre on s’est aussi blessé soi-même. Il peut arriver que parmi les fautes dont j’ai pris conscience, il y en ait une qui domine ma vie, et que, comme une blessure profonde qui laisserait une cicatrice mal fermée, rouge et douloureuse, se rouvrant à l'occasion, je ne puisse l'oublier.

« Je me condamne »

« Je me condamne » : cette parole exprime l'immense tristesse de quelqu'un qui se trouve dans une impasse étouffante. C'est la souffrance d'avoir commis dans sa vie un acte qu'on aurait voulu n'avoir jamais commis, celle de voir cet acte nous accompagnant jusqu'à la fin de nos jours, de le voir faire partie intégrante de l'histoire de notre vie, de le sentir faire corps avec soi de façon définitive.

Cette expérience de la faute commise est constituée de trois éléments qui la rende implacable et éventuellement accablante :

  • C'est fait et je n'y puis rien. Je ne puis faire que ce qui est fait n'ait pas été fait.
  • J'ai mal fait et je n'y puis rien. J'ai fait ce que je n'aurais pas dû faire. J'ai l'impression d'avoir trahi mon idéal.
  • C'est moi qui l'ai fait et je n'y puis rien. Au-delà des circonstances et de la part des autres personnes, c'est moi qui ai posé l'acte.

« Une tache indélébile »

Il en ressort une conséquence douloureuse, celle de ne plus être capable de se regarder en face, de ne plus être capable de faire face à soi-même. Être devenu ce que l'on voulait à tout prix éviter; être devenu ce qu'après coup on voudrait pouvoir effacer; mais il est impossible de retourner dans le passé et de recommencer comme si rien n’était arrivé.

Nos actes nous forment et dans ces occasions nous le sentons bien, avec une intensité à laquelle on ne peut échapper.

Est-il possible d'oublier la faute qui est en arrière, alors qu'elle semble faire corps avec moi et qu'elle m'apparaît comme étant intégré comme une tache indélébile à l'image que j'ai de moi-même ?

Quel chemin prendre pour sortir de l'impasse ?

Un chemin de conversion

« Jésus dit : ‘‘… je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus’’ » (Jn 8, 11).

…à suivre

Christian LÉPINE, prêtre-curé