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Notre-Dame-des-Champs, le 16 septembre 2007 Année eucharistique — Famille et Eucharistie — Congrès Eucharistique à Québec Qui se lèvera pour la famille ?la famille est la brebis perdue de notre temps
Introduction : ombres sur la famille On sait que la famille est trop négligée, trop menacée, et trop attaquée de tous les côtés à la fois. À l'intérieur même de la famille, trop de couples souffrent de divisions, les jeunes et les parents communiquent trop difficilement, les membres se rencontrent trop rarement. Le monde du travail ne pense pas assez "famille" : qu'on pense à l'organisation du temps ou à la question du juste salaire. La société tolère trop le chômage qui affecte non seulement la situation financière de la famille, mais aussi la personne dans le sens qu'elle a de sa dignité. Dans un monde qui ne pense trop qu'en terme d'efficacité, les malades deviennent un fardeau et on ne sait plus quelle place donner à nos aînés. Dans une culture où l'on veut profiter de la vie, on ne réfléchit pas assez sur le sens de la vie, et des jeunes considèrent le suicide, le tentent ou le réussissent. Cette peine des familles que j'évoque à grands traits est trop répandue, alors qu’au Québec, trop de familles ont été frappées. Des ombres s'étendent sur la réalité du couple et de la famille, un vent glacial la transperce, elle vit en état de fragilité et est trop souvent à la limite de la rupture. On pourrait toujours dire qu’il s’agit de problèmes qui concernent les individus impliqués et que chacun est libre de vivre sa vie comme il veut. Cependant, lorsque ce n’est pas 10% mais, avec un accroissement constant au cours des dernières décennies, jusqu’à 40% et plus des couples et des familles qui vivent la grande épreuve de la séparation, on peut parler d’un problème social majeur. En effet, avec un tel pourcentage des familles affectées, il est manifeste que c’est la société elle-même qui favorise le problème. C’est la société qui, malgré ses qualités, a une blessure telle en ce qui concerne ses valeurs spirituelles et morales, qu’elle ne sait pas comment valoriser et soutenir la famille, mettre en oeuvre des ressources pour encourager la vie familiale, prenant, par ailleurs, des mesures favorisant les démissions et les séparations. Ainsi, la société elle-même en est venue, par omission et par action, à contribuer au phénomène des familles blessées et brisées, quel que soit le degré de responsabilité des individus touchés. Alors une question se pose sur notre réaction à ce drame qui se déroule quotidiennement sous nous yeux : que voulons-nous ? Que voulons-nous ? Voulons-nous laisser la situation se désagréger ou réagir ? Voulons-nous laisser la famille sombrer dans la douleur et le chaos ou la promouvoir et la soutenir ? …à suivre Christian LÉPINE, prêtre-curé |