|  Christian
Lépine, prêtre-curé
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Notre-Dame-des-Champs, le
1er juillet 2007
Louange au
Dieu infiniment bon
Mon Dieu, vous êtes la
Bonté en sa source essentielle. Vous ne la recevez de
personne, vous la possédez en même temps que votre être ; elle est votre
être même ; vous êtes bon comme vous êtes, autant que vous êtes, aussi longtemps
que vous êtes ; vous êtes bon depuis toujours, pour toujours,
éternellement, immuablement, infiniment. Être et être bon, pour vous, cela ne
fait qu’un : la bonté c’est votre être et votre être est la Bonté même.
Toute bonté finie vient de votre Bonté infinie, elle en est une
dérivation, un ruisselet, une gouttelette. Elle n’est que ce que vous lui
donnez d’être, elle est seulement si elle se rattache à vous, elle cesse dès
qu’elle coupe le lien. Toutes ces bontés finies m’attirent ; je les aime,
je voudrais m’en emparer, je les poursuis, je m’épuise à ces poursuites le plus
souvent irréalisables, et qui, réalisées, me laissent si vide et si altéré, et
je néglige la Réalité
sans bornes, pouvant seule me combler et s’offrant à moi. Pourtant, c’est vous
que je désire et recherche en ces formes mêlées ; je les aime uniquement
pour ce qu’elles me représentent de votre seule vraie bonté. Vous êtes le seul
vraiment aimé et désiré, et le mouvement des êtres, partant de ce désir,
cesserait si vous cessiez d’être le Bien qui se donne.
Car la bonté, c’est le don de soi. La Bonté infinie, c’est le don total de soi, sans
bornes, sans réserves, ni dans la durée ni dans l’espace ni dans la
communication de ce que l’on a et de ce que l’on est. La Bonté se donne comme le
soleil brille, rayonne et éclaire, comme le feu réchauffe, comme la source se
répand. Et vous êtes cette Bonté, ce Don de soi, cette Lumière, cette Chaleur,
cette Source répandue. Et vous m’avez posé en face de vous, moi, petite chose
vide, froide, obscure, égoïste, pour accueillir, selon la mesure de mon être
possible, votre Être qui est tout cela et qui veut me combler de Lui.
Dom
Augustin Guillerand (Face
à Dieu, Éditions Parole et Silence, 1999, p. 88-89)
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