Liturgie   Textes de nos pasteurs   Autres liens
 


Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 20 mai 2007

La famille : une école d'humanité

3/4

Être humain : un défi quotidien

Ce que je fais et ce que je dis sont la manifestation de la conscience de ce que je suis en tant qu’être humain, l'expression de mon sens vécu de l'humain. Il y a là un double appel à la recherche de la vérité sur l’être humain, homme et femme, et à l’authenticité dans l’adhésion aux valeurs spirituelles et morales.

Mais le faire et le dire peuvent constituer un voile derrière lequel on se cache, on peut vivre en représentation, pour se protéger (de bonne foi) ou pour utiliser les autres (par égoïsme). On peut mettre un masque qui nous donne contenance et qui nous permet de prendre notre place dans la société. On peut jouer un jeu et donner l’apparence du respect de l'autre. On peut maîtriser les techniques de communication et s'en servir non pas pour servir mais pour manipuler. On peut faire accroire bien des choses aux autres selon l'intérêt du moment.

Cependant, si on fait de la vie familiale une priorité, si on s'y engage avec tout son coeur, ne sommes-nous pas amenés par l'amour, à déposer nos masques pour communiquer tout ce que nous sommes, ne sommes-nous pas conduits par la confiance, à accepter d'être vus dans notre fragilité, ne sommes-nous pas motivés au don entier et gratuit où nous voulons vivre pour l’autre tout en accueillant le don de l’être aimé ?

Qu'on pense aux blessures que l'on se fait les uns aux autres, volontairement ou non, parfois par négligence, comment les oublier lorsqu'elles sont causées par un membre de la famille, donc par quelqu'un qu'on ne peut pas éviter. Pourtant n'est-ce pas là un appel à découvrir que notre coeur est plus grand que ce que l'on pensait, qu’il est capable de pardon généreux et de constance dans la fidélité ?

C'est le défi de l'amour au quotidien qui nous fait faire les pas nécessaires pour devenir plus humain, plus confiant et plus généreux.

Il y a des changements que l'on fait dans notre comportement que si on est mis au pied du mur. La vie familiale de tous les jours, avec ses joies et ses peines, ses moments d'angoisse et ses moments de paix, nous appelle à vouloir aimer toujours davantage en apprenant le don sincère de soi dans la réciprocité, qui portent des fruits de douceur et de paix dans l’unité.

S'agit-il là d'un idéal dépassé qui ne correspond pas à la réalité sociale d'aujourd'hui et à ses contraintes ? Devant les difficultés et les échecs vécus par les familles, faut-il démissionner ? L'importance donnée ici à la famille exprime à la fois le Plan d'Amour de Dieu et le désir profond du coeur humain qui est triste ou durci lorsqu’il ne peut plus y croire. Il y a des obstacles, mais ils ne doivent pas nous faire renoncer à l'idéal, car celui-ci est la réalité pour laquelle l’être humain est fait. L'idéal de faire de la famille une école d'humanité correspond à ce pour quoi la famille est faite, à sa mission, à la Sagesse divine. Ne vaut-il pas la peine de le poursuivre en cherchant les moyens de le réaliser ?

Dieu étant l’auteur du mariage et de la famille, en vertu même de l’œuvre de la création, on peut dire de la famille qu’elle est un très grand bien, en même temps qu’elle ne peut se penser et se vivre dans toute sa richesse, sans Dieu. Il est donc important, tout en étant attentif aux moyens humains comme tels, de donner à la vie spirituelle la place centrale qui lui revient, pour être plus humain et pour que la famille accomplisse sa tâche.

Christian LÉPINE, prêtre-curé