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Notre-Dame-des-Champs, le 20 mai 2007 La famille : une école d'humanité 3/4 Être humain : un défi quotidien Ce que je fais et ce que je dis sont la manifestation de la
conscience de ce que je suis en tant qu’être humain, l'expression de mon sens
vécu de l'humain. Il y a là un double appel à la recherche de la vérité sur
l’être humain, homme et femme, et à l’authenticité dans l’adhésion aux valeurs
spirituelles et morales. Mais le faire et le dire peuvent constituer un voile
derrière lequel on se cache, on peut vivre en représentation, pour se protéger
(de bonne foi) ou pour utiliser les autres (par égoïsme). On peut mettre un
masque qui nous donne contenance et qui nous permet de prendre notre place dans
la société. On peut jouer un jeu et donner l’apparence du respect de l'autre.
On peut maîtriser les techniques de communication et s'en servir non pas pour
servir mais pour manipuler. On peut faire accroire bien des choses aux autres
selon l'intérêt du moment. Cependant, si on fait de la vie familiale une priorité, si
on s'y engage avec tout son coeur, ne sommes-nous pas amenés par l'amour, à
déposer nos masques pour communiquer tout ce que nous sommes, ne sommes-nous
pas conduits par la confiance, à accepter d'être vus dans notre fragilité, ne
sommes-nous pas motivés au don entier et gratuit où nous voulons vivre pour
l’autre tout en accueillant le don de l’être aimé ? Qu'on pense aux blessures que l'on se fait les uns aux
autres, volontairement ou non, parfois par négligence, comment les oublier
lorsqu'elles sont causées par un membre de la famille, donc par quelqu'un qu'on
ne peut pas éviter. Pourtant n'est-ce pas là un appel à découvrir que notre
coeur est plus grand que ce que l'on pensait, qu’il est capable de pardon
généreux et de constance dans la fidélité ? C'est le défi de l'amour au quotidien qui nous fait faire
les pas nécessaires pour devenir plus humain, plus confiant et plus généreux. Il y a des changements que l'on fait dans notre comportement
que si on est mis au pied du mur. La vie familiale de tous les jours, avec ses
joies et ses peines, ses moments d'angoisse et ses moments de paix, nous
appelle à vouloir aimer toujours davantage en apprenant le don sincère de soi
dans la réciprocité, qui portent des fruits de douceur et de paix dans l’unité. S'agit-il là d'un idéal dépassé qui ne correspond pas à la
réalité sociale d'aujourd'hui et à ses contraintes ? Devant les
difficultés et les échecs vécus par les familles, faut-il démissionner ?
L'importance donnée ici à la famille exprime à la fois le Plan d'Amour de Dieu
et le désir profond du coeur humain qui est triste ou durci lorsqu’il ne peut
plus y croire. Il y a des obstacles, mais ils ne doivent pas nous faire
renoncer à l'idéal, car celui-ci est la réalité pour laquelle l’être humain est
fait. L'idéal de faire de la famille une école d'humanité correspond à ce pour
quoi la famille est faite, à sa mission, à Dieu étant l’auteur du mariage et de la famille, en vertu même de l’œuvre de la création, on peut dire de la famille qu’elle est un très grand bien, en même temps qu’elle ne peut se penser et se vivre dans toute sa richesse, sans Dieu. Il est donc important, tout en étant attentif aux moyens humains comme tels, de donner à la vie spirituelle la place centrale qui lui revient, pour être plus humain et pour que la famille accomplisse sa tâche. Christian LÉPINE, prêtre-curé |