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Notre-Dame-des-Champs, le 13 mai 2007 La famille : une école d'humanité2/4 Une éducation permanente La vie familiale est la première école d'humanité sous plusieurs aspects. Elle est la première dans le temps car elle précède l'école et la société. Elle est première aussi par le fait que ce qu'on en reçoit, ce qu'on y apprend, demeure présent tout au long de notre vie. On peut choisir d'intégrer notre héritage, en étant reconnaissant pour le bien reçu, ne serait-ce que celui de la vie humaine, et en pardonnant pour les blessures qui ont pu nous marquer. On peut aussi s'efforcer de rejeter ce même héritage, mais, quelle que soit l'option prise on se définit par rapport à la vie familiale vécue, avec ses forces appréciées et ses manques ressentis. Elle est la première également en traversant le temps, en nous accompagnant tout au long de notre existence, comme lieu d’engagement où l’on se donne et reçoit, comme milieu d’amour et de vie où se réalise la communion des personnes. L'éducation n'est jamais quelque chose de complété une fois pour toutes, car aucun individu ne peut dire qu'il a un sens parfait de la dignité de la personne, qu'il ne traite jamais l'autre comme un moyen, que son amour est tel qu'il ne peut plus grandir. On n'a jamais fini d'apprendre à devenir humain. Dès lors la famille demeure toujours première pour l'adulte en tant qu'elle est faite pour être une source vivifiante d'éducation permanente au sens de l'humain. L'humanisation croissante de l'adulte, par la vie familiale, rejaillit sur toute la société. Cellule de la société La famille est la cellule de base de la société. Considérant qu’elle est la première école d’humanité, dans le temps et en importance, la famille constitue l'élément fondamental sans lequel la culture devient anti-culture, c'est-à-dire destructrice d'un sens authentique de la dignité de la personne. En effet, si dans ma famille je n'ai pas appris que tout être humain doit être traité comme une fin, jamais comme un moyen, où vais-je l'apprendre ? Si, là où les liens sont normalement si forts, dans les relations époux et épouse, parents et enfants, frères et sœurs, j'en suis resté à voir l'autre comme un objet qui existe pour ma satisfaction, ne ferai-je pas la même chose sur le marché du travail, dans l'engagement social ou dans la vie politique, dans mes relations avec les autres ? Si je n'ai pas appris dans les liens conjugaux et familiaux à voir en l'autre un mystère inépuisable de vie et d'amour et à donner la priorité au bonheur des êtres qui me sont le plus proche, en dehors de la famille est-ce que je n'aurai pas tendance à tout ramener à moi, à mes soifs, à mes besoins, à ma gloire, et que restera-t-il de l'esprit de service ? Si j'ai refusé de pardonner à la personne qui m'est la plus chère, à qui vais-je pardonner ? On peut tenter de bien des façons de remplacer la famille, mais on ne peut, tout au plus, que difficilement compenser : la famille est irremplaçable, car plus qu'un être social, l'être humain est un être familial (Jean-Paul II). Christian LÉPINE, prêtre-curé |