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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 6 mai 2007

La famille : une école d'humanité

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Introduction : Première école

La famille, fondée sur le mariage où un homme et une femme se donnent exclusivement l’un à l’autre pour la vie, est la première école d'humanité. En étant le lieu où l'être humain vient à la vie et y fait ses premiers pas, la famille est le premier lieu d'apprentissage de l'existence, le premier lieu où l'on apprend à se situer par rapport à Dieu, par rapport aux autres, par rapport à soi-même et par rapport au cosmos. Cela correspond au Plan de Dieu révélé dans la Bible et à l’expérience des diverses sociétés à travers l’histoire, même si la famille peut être fragile dans son unité et exposée à la séparation.

Ce que l'on reçoit dans la famille nous accompagne profondément tout au long de notre vie dans le monde, car le sens de Dieu, de la dignité de la personne, de la communication, du pardon et de la réconciliation, du partage et du service, y trouvent leur espace privilégié pour naître, grandir et se fortifier. Et c’est à chaque étape de la vie que l’on est en mesure de bénéficier de la famille, celle dans laquelle on est né et celle que l’on a fondé.

À chaque étape de la vie

Ce que l'on reçoit au moment de la tendre enfance nous façonne et nous habite pour la vie entière ; pensons à notre capacité de faire confiance, en Dieu, aux autres et en la vie, qui sur le plan humain s'enracine profondément dans cette étape alors que nous vivons idéalement l’expérience de la confiance en nos parents.

L'adolescence étant le temps de l'idéal, de la soif d'absolu, des grands élans de générosité devant les souffrances du monde et les défis multiples à relever, la famille a un grand rôle à jouer pour que la découverte des misères sous toutes ses formes, des injustices et des divers problèmes sociaux, ne conduise pas à la perte de confiance en la valeur et en la bonté de la vie, ou au désespoir qui envahit l’âme. Qu'il s'agisse du sentiment d'impuissance qu’un jeune peut éprouver devant la possibilité de rendre le monde meilleur, qu'il s'agisse de la course aux divertissements dans laquelle il peut être happé, qu'il s'agisse de la vie réduite à une lutte pour prendre sa place au soleil où on vise le sommet à tout prix, il faut sauver la confiance que cela vaut la peine d'aimer d'un amour qui est don de soi et esprit de service.

Pendant la vie adulte, on découvre que les insuffisances et les faiblesses n'habitent pas seulement les autres mais aussi soi-même, et, apprenant à ne pas condamner, on apprend à être responsable, exigeant pour soi-même et miséricordieux pour les autres. Ayant intégré la confiance de l'enfance et le sens de l'idéal de l'adolescence, l'adulte devient capable de dépassement de soi, de don total, libre et gratuit : ce qui est là le véritable chemin de la sagesse.

On peut ainsi mettre en valeur le fait que la famille est une école d’humanité à chaque étape de la vie, car elle est une source de paix intérieure, d'équilibre et de capacité de don dans l’attention aux autres et le service, non seulement par ce qu'on en a reçu au moment de l'enfance ou de l'adolescence mais aussi par ce que l'adulte en reçoit comme milieu où l'amour se vit au quotidien.

Christian LÉPINE, prêtre-curé