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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, le 15 avril 2007

« Amour et Vérité se rencontrent »

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Introduction : miséricorde et conscientisation

Devant ce que le Magistère de l’Église enseigne comme étant le Plan d’Amour de Dieu sur le mariage et la famille, dont la Source est Jésus-Christ et qui est transmis par l’Écriture Sainte et la Tradition, on peut y adhérer mais côtoyer des gens qui ne le reconnaisse pas, que ce soit dans sa famille, en paroisse, au travail, parmi ses amis, et on se demande comment être, agir et parler dans les situations où la question est abordée implicitement ou explicitement.

 

Points de repère

C’est une question complexe, mais elle est inévitable car c’est une situation fréquente. Il s’agit ici, non pas tant d’y répondre de façon exhaustive, mais de dégager des points de repère, des balises qui peuvent nous habiter et nous aider, dans les diverses situations humaines, à faire preuve de sagesse, de respect et de conviction, en vivant en disciple de Jésus-Christ.

Amour et Vérité

Une des pistes que l’on peut suivre, c’est de toujours s’efforcer de tenir ensemble Amour et Vérité (cf. Ps 85,11), à la manière du Seigneur qui est « doux et humble de cœur» (Mt 11, 29) et qui est «le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), qui n’est «pas venu pour juger le monde mais pour sauver le monde» (Jn 12, 47) et qui n’est «venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité» (Jn 18, 37).

Une façon de tenir ensemble Amour et Vérité consiste à faire en sorte que l’exercice de la miséricorde ne se fasse pas sans effort de conscientisation et que l’effort de conscientisation soit motivé par l’amour et imprégné par la miséricorde, articulant conjointement une pastorale de la miséricorde et une pastorale du sens.

Distinguer : personne et actes

Comment réaliser cela ? On peut commencer en n’oubliant pas qu’il y a une distinction essentielle à faire entre la personne et ses actes: on apprend à ne pas juger la personne, mais on peut discuter des comportements, on apprend à respecter toute personne, quelle que soit sa conduite, mais on peut réfléchir sur les actes eux-mêmes dans leur objectivité. La dignité de la personne n’est pas fondée sur les comportements; elle est fondée sur le seul fait que celui qui est devant moi est un être humain, créé à l’image de Dieu, doté d’intelligence pour connaître la vérité et de volonté libre pour aimer, sujet de droits et de responsabilités.

Ainsi, quel que soit mon désaccord avec les actions ou les agissements de quelqu’un, je suis appelé à toujours garder le respect de l’autre et de sa dignité, à conserver une attitude de politesse, à ne pas condamner la personne, à ne pas la mépriser, à ne pas me laisser entraîner dans les sarcasmes, les moqueries blessantes ou les jugements à l’emporte-pièce, même si je peux désapprouver les actes.

À l’inverse, quel que soit mon désir de ne pas juger l’autre, je ne peux, afin d’éviter de condamner la personne, éviter de réfléchir sur les pratiques en question et les valeurs morales qui y sont présentes, et d’en discuter, toujours avec considération, dans l’écoute du point de vue de l’autre, même si cela veut dire arriver à exprimer un désaccord entier.

On peut aimer quelqu’un et ne pas être d’accord avec lui, on peut respecter quelqu’un, l’écouter et, lorsque la situation le requiert, lui exprimer notre position, même si elle ne correspond pas à la sienne; comme l’autre d’ailleurs peut le faire aussi à notre égard.

En distinguant la personne de ses actes, on peut s’inspirer de Jésus-Christ pour chercher un point de départ qui permettra le mieux possible de tenir ensemble amour et vérité.

Christian LÉPINE, prêtre-curé