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Notre-Dame-des-Champs, le 25 mars 2007 MAIS IL Y A LE RESSUSCITÉ 1er L’impression qu’il vaut mieux ne pas aimer Jeunes, avez-vous l'impression, devant le spectacle qu'offre le monde, que cela ne sert à rien de miser sa vie sur l'amour ? Avez-vous l'impression qu'il vaut beaucoup mieux penser que la vie se réduit à être une lutte pour prendre sa place au soleil ? Vous semble-t-il, qu'ayant des choix d'orientation à faire, il vaut mieux chercher ce qui m'apportera le plus grand profit personnel ? En êtes-vous arrivé à penser qu’il est préférable de ne pas rêver à une vie de couple où l'on se donnera totalement pour la vie, et à une famille où on mettra au monde de nouveaux êtres humains ? Adultes, avez-vous l'impression, par moment ou souvent, que l'amour ne sert à rien ? Vous semble-t-il qu'ayant voulu servir dans votre milieu de travail, vous avez été dévoré par les autres ? En êtes-vous arrivés à penser qu'ayant voulu vous donner dans votre vie de couple et familiale, vous avez été manipulés ? Alors que nous avons soif de vie et de bonheur, à quoi cela sert-il d'aimer jusqu'au bout, comme le Christ nous l'enseigne par sa Parole et par sa Vie, si cela veut dire s'exposer à être exploité et dévoré par les autres ? Notre vie n'a-t-elle pas plus de chance de réussir si nous pensons tout d'abord à notre intérêt personnel ? Une vie confrontée à la mort De tout temps, et encore aujourd'hui dans certaines visions de la vie, la triple convoitise du pouvoir, des richesses et des plaisirs, offre une promesse très séduisante de bonheur et d'accomplissement personnel. La force de ce message est d’autant plus grande lorsque l’on se met à douter de la valeur de l’amour ou à ne plus y croire. On peut aborder cette question en considérant un fait qui concerne toute existence. Qui que je sois, quelle que soit ma vie, quels que soient mes succès, je suis confronté à une réalité incontournable : la mort, ma mort. Une vie pleine de succès, comme toute autre vie, est confrontée à une dimension pour ainsi dire implacable de l'existence : l'échec de la vie qui se termine avec la mort. Ainsi une vie qui réduit le bonheur à une vie de convoitises satisfaites est condamnée à l'échec car la mort brise de façon irrémédiable l'élan vers le pouvoir, la richesse et le plaisir. Nous sommes dès lors conduits à une impasse. Si je veux combler mes aspirations en m'engageant sur le chemin de la lutte pour prendre ma place au soleil et construire mon palais, tout s'écroule dans ma mort. On pourrait dire que cela n’a pas d’importance, qu’il suffit de chercher à profiter de la vie, mais la soif de bonheur dont on fait l’expérience est une soif d’absolu. Or si la mort est le dernier mot de la vie, cette soif d'absolu ne pourra jamais être satisfaite, et nous vivons à l’ombre de la tristesse. Tu es habité par une soif illimitée de vie et de bonheur? Tu ne peux pas mettre entre parenthèses la question de ta mort. Cette question consiste à savoir si ton existence est une existence-pour-la-mort, si tu es né pour mourir. Ta soif d’absolu, est-elle une illusion ? (à suivre) Christian Lépine, prêtre-curé |