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Notre-Dame-des-Champs, le 11 mars 2007 Triple solitude et doncœur – conscience – corps3/3 De la solitude du corps au don du corps Lorsque l'être humain aspire à la communion des personnes, c'est la communion de toute la personne, âme et corps, qu'il vise: connaissant et s'exprimant par et avec son corps, il ressent, parfois vivement, le besoin de contacts physiques pour réaliser la communion à laquelle il aspire, car le corps est fait pour exprimer l'accueil et le don, ainsi que pour vivre la communion. Autrement, il n'y aurait pas de solitude du corps. On peut chercher à échapper à la solitude du corps par la manipulation des corps, de notre corps comme de celui des autres, mais sans atteindre jamais, au-delà du plaisir passager, une paix durable. Je peux, par contre, me tourner vers Jésus-Christ qui a vécu la solitude du corps lorsque, « portant sa croix, … ils le crucifièrent » (Jn 19, 17-18), et que fixé à la croix, il est réduit à ne plus pouvoir poser un geste: Il ne peut plus toucher pour guérir, bénir avec la main, marcher pour aller vers les autres, mais Il peut encore offrir. Jésus-Christ se servant de toute la nature humaine qu'Il a assumée pour révéler l'Amour de Dieu, dans un acte intérieur d'offrande, Il donne son corps, Il donne sa vie: «… je donne ma vie, …je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner…» (Jn 10, 17-18). Est-ce que j’aspire à me donner corps et âme à Jésus-Christ ? Si dans un acte intérieur d'offrande, par exemple au moment de la communion à la messe, je donne mon corps à Jésus-Christ qui est ressuscité avec son corps, je sortirai de la solitude du corps. Je sortirai de la solitude du corps car, je communierai à la force d’offrande de soi du Seigneur, je recevrai de Jésus-Christ la force de donner à mon corps le sens de don et d'en faire l'expression d'un amour éclairé par la Sagesse de Dieu et nourri au cœur du Transpercé. Conclusion : Famille et don Si quelqu’un est menacé par des flammes, pris au milieu d’un feu, il cherche à s’en sortir à tout prix et à se lancer dans n’importe quelle direction, sans même savoir si c’est la bonne, car tout plutôt qu’être brûlé ou périr dans les flammes. L’expérience de la solitude peut se présenter avec un tel caractère intolérable que l’on est prêt à s’aventurer sur des chemins divers, sans considérations suffisantes concernant les conséquences possibles, et qui peuvent ainsi avoir éventuellement des impacts au détriment de la personne elle-même, de la chasteté, du couple, de la famille et du Plan d’Amour de Dieu. La foi nous appelle à ne pas tout d’abord chercher à échapper au feu de la solitude, mais à prier et à ouvrir la porte de notre cœur à Jésus-Christ qui vient vers nous : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » (Ap 3, 20). En ouvrant notre âme à Jésus-Christ, on se livre à son action pacificatrice, lui qui a le pouvoir d’éteindre le feu de la solitude, dont la Paix est plus grande et plus forte que toutes les angoisses, car Il est ressuscité, Il est vivant et Il donne la vie. Si Jésus-Christ n'était pas ressuscité, sa passion et sa mort ne pourraient être tout au plus qu'un exemple de vie généreuse qui s'est donnée jusqu'à l'extrême. On pourrait admirer et applaudir, mais qui pourrait suivre ? Mais aux yeux de notre foi, Il est ressuscité: la mort n’a pas eu le dernier mot, la triple solitude du cœur, de la conscience et du corps, n’a pas eu le dernier mot, c’est la vie, la communion et la paix qui l’emportent. Cette puissance de la résurrection nous est donnée en partage grâce à l'Esprit-Saint qui nous fait participer à l'Amour divin de sorte que nous pouvons nous donner à Jésus-Christ, vivre de son amour et nous donner aux autres avec confiance et constance. Au cœur même de la solitude vécue au niveau du couple, de la famille et de la société, nous sommes appelés à donner notre cœur, notre intelligence et notre corps au Seigneur. Nous découvrirons ainsi qu'au plus profond de notre âme, nous sommes habités par une Présence, celle de Dieu qui est communion éternelle et qui est capable de faire vivre le pardon et la communion au couple, à la famille et dans la société. Christian LÉPINE, prêtre-curé |