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Notre-Dame-des-Champs, le 25 février 2007 Triple solitude et doncœur – conscience – corps1/3 Introduction : famille et solitude Dans votre vie familiale, vous arrive-t-il d'avoir l'impression que votre amour échoue ? Vous avez beau vous donner, être patient, pardonner, vous pouvez avoir le sentiment de n'arriver à rien. L'amour espère être aimé en retour et peut-être investissez-vous beaucoup de vous-même sans percevoir une réponse chez l'autre. Ces moments de sentiment d’échec de l'amour deviennent des expériences de la solitude : solitude qui peut être passagère ou se prolonger au-delà du tolérable. Elle peut être présente dans une famille unie ou dans une famille brisée. Elle peut affecter douloureusement les couples ainsi que leurs enfants. Certains pour exprimer leur solitude vont parler d'un grand vide, d'autres d'un poids ou encore, d'une anxiété permanente, d'un désert, du sentiment d'être abandonné, rejeté, isolé. En général, chaque personne qui vit une solitude la ressent davantage à certains moments plutôt qu'à d'autres. Elle peut être éprouvée de façon particulière lorsque des moments propices à la communication se sont envolés sans qu'on en ait profité. Une personne séparée peut se sentir envahie par la solitude chaque fois que, dans des rencontres sociales, elle voit les autres faire couple. D'autres, qui vivent seuls, peuvent avoir l'impression qu'ils n'ont pas dans leur vie quelqu'un à aimer et pour qui faire un geste, et éprouver la solitude en leur âme lorsqu'ils sont entre quatre murs. Comment passer à travers la solitude ? Comment passer à travers la solitude sans se détruire comme être de relation ? Comment passer à travers la solitude sans cesser de croire au couple comme appel au don mutuel, exclusif et pour la vie, d’un homme et d’une femme ? Question immense pour laquelle on ne peut que balbutier une réponse. Il y a tout ce qui est de l'ordre des moyens humains : participer à différents groupes, faire du bénévolat, se donner des objectifs, des projets. Il y a l'ordre des moyens spirituels qui apportent une réponse et qui peuvent orienter le choix des moyens humains. Quelle est la réponse de la foi à l'angoissante solitude ? Remarquer bien que la solitude se présente sous plusieurs aspects qui se combinent et se renforcissent mutuellement. On peut parler de la solitude du cœur, de la solitude de la conscience et de la solitude du corps. De la solitude du cœur au don du cœur Le cœur aspire à la communion et lorsque celle-ci n’est pas atteinte malgré un engagement résolu et tous les efforts, il y a comme un vide qu'on n'arrive pas à combler, une insatisfaction profonde qui laisse malheureux. Il peut en résulter un état de tristesse qui nous habite auquel on pense peut-être pouvoir s’habituer, mais qui, occasionnellement ou fréquemment, se manifeste douloureusement comme une blessure cicatrisée qui ne guérit jamais. Le cœur seul est ainsi à la recherche de la communion des cœurs, et il découvre parfois durement que l'être humain est fait pour être aimé et pour aimer, que « moi » j’ai une vocation à l’amour et à la communion. Sans cela, on pourrait vivre seul sans en souffrir. Je peux vouloir aimer de tout mon cœur, mais je ne peux décider pour les autres qu'ils répondent à mon amour. On peut alors chercher à échapper à la solitude du cœur par des rêveries affectives ou par des aventures sans lendemain qui laissent plus seul encore. Par contre, je suis appelé à découvrir que quelqu'un m'a déjà donné son cœur : Jésus-Christ. Jésus-Christ, dans sa passion et sa mort, a été trahi, renié, rejeté et abandonné par les siens. Jésus-Christ, au cœur transpercé, a porté toutes nos solitudes jusqu'à dire lui-même « mon âme est triste à en mourir » (Mt 26, 38). Jésus-Christ, en se sentant abandonné du Père invisible, a connu une solitude indicible, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer. Mais Jésus-Christ est ressuscité, Il est vivant, et le don qu'il fait de son cœur qui m'a aimé jusqu'à l'extrême est actuel. Le même Amour qui m'a été révélé sur la croix m'est donné aujourd'hui car Il a vaincu la mort. Est-ce qu'aujourd'hui je désire donner mon cœur à Jésus-Christ, le Fils éternel ? Si je donne mon cœur à Jésus-Christ, je sortirai de la solitude du cœur en vivant une communion des cœurs avec Dieu. Si je vis une communion des cœurs avec Dieu, je recevrai de Lui l'amour pour persévérer dans le don de soi envers mon époux ou mon épouse et les membres de ma famille. En grandissant dans l'union à Jésus-Christ, je participerai toujours davantage à son amour divin qui est total, libre et gratuit. Si je vis une communion des cœurs avec Dieu, je vivrai dans la confiance que cela vaut toujours la peine d'aimer. Christian LÉPINE, prêtre-curé
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