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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, 21 janvier 2007

"TU LUI DONNERAS LE NOM DE JÉSUS"
(Lc 1, 31; Mt 1, 21)

Quel est mon nom ? Quel est le sens de ma vie ?

3/3

Un Chemin d'union à Dieu[1]

Qui que je sois, quelle que soit ma condition physique, affective, psychologique, intellectuelle, économique, sociale, j'ai un nom, c'est-à-dire une mission. Il y a donc lieu de se demander : quelles sont les conditions pour entendre Jésus, le Bon Pasteur, m'appeler par mon nom?

La condition de base se présente d'elle-même: appeler quelqu'un par son nom c'est viser un contact personnel avec quelqu'un, un contact unique, car chaque nom est unique. Lorsque Jésus m'appelle par mon nom il m'appelle à vivre une relation interpersonnelle avec Lui. C'est là la vocation fondamentale à l'intérieure de laquelle s'entendent et se réalisent les autres vocations: il s'agit de vivre constamment en union avec Jésus, mon sauveur.

Le Bon Pasteur, le Vrai Pasteur, l'Unique Pasteur, veut le bien de ses brebis. Pourtant l'idée d'intimité avec Lui peut faire peur et soulever des craintes.
"On pressent" qu'uni au Bon Pasteur "on ne pourra plus se protéger" (p 39), on ne pourra plus garder "ses distances" (p.39).
Être uni à quelqu'un c'est être "dans la nécessité de s'ajuster aux désirs d'un autre" (p.39).
Être uni à quelqu'un, "c'est apprendre à ne plus pouvoir se rencontrer soi-même sans avoir à passer par la rencontre d'un Autre" (p.43).
Être uni à quelqu'un c'est "admettre sur soi la lumière d'un autre" (p.45).
Être uni à quelqu'un c'est accepter la "dépendance à l'égard d'un autre" (p.45).

Tout cela fait peur, et pourtant être uni au Bon Pasteur c'est la "dépendance heureuse qui sauve tout" (p.46), car Il se présente à nous comme l'humble par excellence, le petit par exellence, le pauvre par excellence. Lui dont "on proclame son nom "Merveilleux-Conseiller, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix"" (Is 9, 5) a voulu naître dans des conditions précaires et vivre l'enfance. Il est le Fils éternel qui dépend éternellement du Père éternel. Il est le nouveau-né qui dépend de Marie et Joseph. Il est l'Amour Humble qui veut mon bien, ma vie et mon salut éternel.

Parce qu'Il connaît infiniment mieux que moi qui je suis et quelle est ma vocation, Il connaît infiniment mieux que moi mon bien véritable. De sorte que m'ajuster aux désirs de Jésus c'est m'ajuster à mon bien véritable. Ainsi on passe de la peur d'avoir à s'ajuster à la volonté d'amour de Dieu, au bonheur de la connaître.

Une Foi qui Écoute

Ayant la foi, je sais que je suis aimé par le Pasteur, je cherche à le rencontrer dans un coeur à coeur quotidien où grandit l'intimité, l'union, l'écoute et la disponibilité à entendre ma vocation quelle qu'elle soit. Jésus veut avoir besoin de moi. Il veut me combler de joie en me donnant un nom, une mission.

Ma vocation c'est ma mission : Jésus m'appelle à l'intimité pour m'envoyer en mission. Ma mission constitue mon identité personnelle: je suis une mission. En réalisant ma mission je réalise le sens de ma vie. Jésus est la seule vraie Lumière qui peut révéler la vérité totale sur la personne. Il est le seul Sauveur qui, mieux que moi-même, peut me dire le sens de mon existence.



1) À moins d'indications contraires, ce qui est entre guillemets dans cette section est tiré du livre de Bernard Bro, La Meule et la Cithare (prier un instant, prier toujours), Paris, éd. du Cerf, 1983, 380 p.

Christian LÉPINE, prêtre-curé