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Notre-Dame-des-Champs, 19 novembre 2006 Deuil et Prière 3/4 Le Bien « Qui aime sa vie la perd ; et qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. » (Jn 12, 25) Par ce passage, le Seigneur nous rappelle que nous sommes faits pour accomplir le bien, pour nous décentrer de nous-mêmes afin d'ouvrer au bonheur des autres, et pour vivre avec un esprit de service et de bienveillance. Dans notre vie, comme dans l'existence des autres, il y a des moments de partage, de miséricorde et de dévouement, il y a des parcelles d'amour qui parsèment le chemin que nous avons parcouru, il y a une capacité pour le bien qui nous habite, qui réside au fond de notre cour et qui nous interpelle constamment. Lorsque nous avançons dans notre vie, il est la plupart du temps impossible de savoir ce qui, dans ce que nous aurons fait, traversera l'épreuve du temps et aura constitué une contribution réelle au bien commun, mais il y a une chose que rien ne pourra détruire, c'est l'amour que nous aurons vécu pour les autres en répondant, même si c'est sans le savoir, au commandement de Dieu qui nous indique la voie de l'amour du prochain: « Alors les justes lui répondront : " Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t'accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir ? " Et le Roi leur fera cette réponse : " En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait " » (Mt 25, 37-40). Dans cette perspective, prier pour un être cher qu'on a perdu, c'est prier pour que le bien qu'il aura accompli, quel qu'il soit, l'aide à reconnaître en Dieu le Bien par excellence, le Bien infini qui est la source de tout bien, le Bien absolu qui est le bien qu'il cherchait, le Bien véritable qui est le bien pour lequel il est fait. Il est le Bien. Le Pardon Nous sommes des créatures de Dieu, appelés à être des enfants de Dieu dans le Fils unique, et à vivre en enfants de Dieu et en frères et sours les uns des autres, mais nous sommes aussi des êtres fragiles et pécheurs, et il arrive qu'il y ait dans notre vie des refus d'aimer, des moments d'égocentrisme, des résistances qui limitent en nous le mouvement de don de soi. Cependant, il ne faut pas se décourager car nous sommes assurés par la foi que Dieu est Amour et Miséricorde : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a engendrés de nouveau par la Résurrection de Jésus Christ d'entre les morts, pour une vivante espérance » (1 P 1, 3). On peut prendre comme exemple la maladie : lorsqu'on en est frappé, cela est certes une épreuve à un degré ou l'autre, mais si je vais voir un médecin je peux avoir l'espoir de guérir. De même, être pécheur, c'est un problème, mais il y a quelqu'un qui peut nous en guérir, quel que soit notre péché, de sorte que le véritable défi c'est de se reconnaître pécheur et de recourir à Dieu afin de s'ouvrir au salut qui nous est offert car « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ - c'est par grâce que vous êtes sauvés ! - avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu par là démontrer dans les siècles à venir l'extraordinaire richesse de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. Car c'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu » (Eph 2, 4-8). On peut donc dire que prier pour un être cher qu'on a perdu c'est prier pour qu'il croit en la miséricorde infinie de Dieu, pour qu'il présente à Dieu ses faiblesses et ses péchés, pour qu'il confie au Seigneur toute sa vie, telle qu'elle fut, pour qu'il accueille le pardon qui lui est offert. Il est Pardon. Christian LÉPINE, prêtre-curé |