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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, 5 novembre 2006

Deuil et Prière

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Une grande douleur

Avez-vous perdu un être cher ? Devant une des plus grandes souffrances de l'existence, votre douleur était peut-être telle que vous ne vouliez pas être consolé. Cette blessure de l'âme et du corps est signe de l'amour que vous avez partagé et des liens que vous avez tissés. La perte est venue arracher ce qui faisait partie de vous-même et vous faisait vivre.

Le choc qui nous projette dans la peine peut-il être dépassé ? Le temps et l'oubli sont-ils la seule possibilité de retrouver goût à la vie ? On est de plus en plus conscient de l'importance de se laisser toucher par l'angoisse et de prendre le temps de vivre le deuil, mais en même temps, on ne peut faire autrement que se sentir démuni et parfois désemparé devant cet événement qui vient heurter notre vie. C'est avec le plus de délicatesse possible que je désire partager avec vous quelques réflexions sur certains aspects à considérer à la lumière de la foi en Jésus-Christ en attirant votre attention sur la possibilité de voir en la mort un passage et en approfondissant le sens de la prière pour les défunts.

Dans cette perspective, la mort de quelqu'un qu'on aime peut ne pas signifier la fin de la relation, mais le début d'une nouvelle façon d'aimer.

Un passage

Pour entrer dans le mystère de la mort comme passage à une nouvelle vie et à un nouvel amour, il y a une comparaison qui peut nous aider: c'est celle de la naissance. Comme toute comparaison, elle a ses limites, mais elle nous aide à regarder la mort comme le début d'une nouvelle étape de la vie plutôt que seulement comme la fin de la vie.

L'enfant, dans le sein de sa mère, pourrait à peine imaginer ce qui l'attend à sa naissance dans le monde. De même ce qui nous attend à notre mort, qui devient naissance à la vie éternelle, est plus grand que ce que l'on peut concevoir.

L'enfant prend forme dans le sein de sa mère, non pas pour y rester, mais pour se préparer à vivre dans le monde. De même nous vivons sur la terre, non pas pour y demeurer toujours, mais pour nous préparer à vivre unis en Dieu pour l'éternité.

Jésus-Christ, par sa résurrection, nous révèle que la mort n'est pas le dernier mot de la vie, que nous n'aimons pas pour que tout aboutisse au néant, que les liens tissés pendant notre vie humaine ne s'arrêtent pas avec le deuil, qu'ils ont un avenir dans l'éternité : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C'est ainsi qu'Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour » (Eph 1, 3-4).

Nous ne sommes pas nés pour mourir; Dieu nous a posés dans l'existence pour nous conduire à la vie éternelle. Nous pouvons véritablement vivre dans l'espérance de nous revoir au ciel et de pouvoir communiquer dès maintenant par la prière.

Christian LÉPINE, prêtre-curé