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Christian Lépine, prêtre-curé

Notre-Dame-des-Champs, 10 septembre 2006

AU COUR DE LA SOUFFRANCE :
UNE PRÉSENCE

Vous savez que la souffrance et notre façon d'y réagir jouent un grand rôle dans ce que nous devenons comme personne.

Il y a le cri angoissé : Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi moi ? Pourquoi mon enfant est-il mort et pas moi à sa place ? Pourquoi cette injustice ? Cris douloureux qui cherchent une réponse et qui n'en trouvent pas. Cris qui viennent du fond de l'âme.

Jésus-Christ n'a pas dissimulé la question « pourquoi ? », Il l'a posée lui-même avec force sur la croix en disant : Père pourquoi m'as-tu abandonné ? Cependant Il n'a pas attendu d'explication, Il n'a pas fuit la souffrance, Il ne s'est pas révolté en rejetant la responsabilité du mal sur les autres. Il a tout pris sur Lui : tout le mal et toute la souffrance, toute la douleur et tous les « pourquoi ? » de tous lieux et de tous temps.

Ainsi Jésus s'est rendu présent sur le chemin de la nuit blessante et mortelle. C'est pourquoi, où que nous soyons sur ce chemin, qu'elle que soit notre angoisse et notre dégoût de la vie, Il est là présent et offrant sa présence.

La foi nous conduit à quelqu'un : Jésus-Christ. Elle ne nous laisse pas seul.

La foi propose à mon cour qu'il accepte de n'être plus solitaire mais greffé sur celui du Christ.

La foi nous prend par la main et nous conduit à une rencontre. Elle nous dit : confiance, Jésus entend ton cri et voit ta souffrance ; confiance, Jésus t'appelle à te tourner vers Lui; confiance, Jésus veut te faire voir sa présence, te faire savoir qu'Il est là.

La foi me propose qu'il y ait dans ma vie une autre liberté que la mienne. Ce faisant elle m'offre un fondement pour mon existence, un sol sur lequel je puisse marcher.

La souffrance menace toujours de provoquer un repli sur soi, elle vient éprouver ma capacité et ma liberté d'aimer. La victoire du Christ sur la souffrance et la mort est bien sûr dans la résurrection, mais elle est tout d'abord dans le fait que rien n'a pu briser en Lui sa confiance envers le Père et l'élan de son amour. Rien n'a pu empêcher Jésus d'aimer jusqu'au bout, ni l'humiliation, ni le rejet, ni la solitude, ni l'angoisse, ni l'incompréhension.

Lorsque nous nous tournons vers Lui, lorsque nous consentons à sa présence, lorsque nous l'accueillons dans notre cour, Il nous fait participer à sa capacité d'aimer, Il nous rend capable de marcher à sa suite et de vivre un amour qui va jusqu'au bout.

Ainsi le Christ, plus que de donner une explication de la souffrance, Il l'a prise sur Lui pour nous et nous offre sans cesse sa présence agissante.

Christian Lépine, prêtre-curé